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Bujumbura Peace Run, une victime de plus de l’intolérance des Burundais

L’événement sportif de ce week-end a causé bien de remous. En réaction à un texte très critique publié sur Yaga à propos de cette compétition, le blogueur Oscar Irakoze déplore la politisation de tout et de rien au Burundi  et  tient à nous démontrer la noblesse qui se trouve derrière cette initiative.

Ma grande question est : aujourd’hui dans quel état se retrouve le Burundi ? Certainement qu’une réponse ambiguë vous taraude. Mais entretemps, nous avons appris que le contraire de la paix c’est la guerre. La situation actuelle peut-elle être nommée explicitement à partir de l’un de ces deux termes (paix ou guerre)? Chacun va y aller de sa réponse, et je ne vais pas interférer. Mais, pour moi, il faut tout d’abord différencier la paix de la sécurité. Ces deux concepts sont différents mais aussi relatifs.

Parlons de Bujumbura Peace Run alors, la course pour la paix qui a fait tant de remous. Il fallait s’y attendre tant que l’on connaît le tempérament de certains Burundais. Il y a des mots qui suscitent toujours de l’incompréhension dans les têtes de nos compatriotes. Si d’un côté des Burundais pensent qu’on ne court pas pour la paix, c’est de leur droit. Ils sont libres de penser ce qu’ils veulent. Mais ils oublient qu’à travers le sport et la culture, il est possible de semer la graine de paix dans la jeunesse. Les exemples ne manquent pas et ce n’est pas une première. À travers des activités sportives voire culturelles, des États sont parvenus à se reconstituer et se réconcilier. La Côte d’Ivoire et ses Eléphants de la génération Drogba en sont un exemple éloquent. Les artisans de cette cohésion étaient des jeunes.

Que voulons-nous au juste ?

Vouloir une chose et son contraire serait-il devenu une spécialité burundaise. Ne répétions-nous pas à longueur des journées que nos aînés ont échoué ? Laissons alors ceux qui prennent des initiatives pour promouvoir la paix essayer. Au pire, s’ils se plantent, ils auraient tenté. Qu’en est-il de toi et de moi ? Ce qui est préférable, et si nous  en sommes capables, c’est de les pousser de l’avant en apportant notre pierre à l’édifice au lieu de distiller des paroles empoisonnées.

Pour moi, le Bujumbura Peace Run est avant tout un évènement organisé par un particulier sans visée politique, dans un but bien précis et avec un thème très clair : « Promouvoir la cohésion à travers des activités sportives. » Ce qui est déplorable et agaçant au Burundi de nos jours, c’est la politisation de tout évènement. Même un pet a une couleur politique. C’est aberrant. On ne peut rien organiser parce qu’il y a des mots qui fâchent, qui trahissent, qui irritent. En août 2016, le festival Amahoro en a fait les frais.

Dans un pays aussi divisé (mais pas en guerre) que le nôtre, quoi de plus noble que de trouver un thème rassembleur pour sa jeunesse ? Qui n’aimerait pas voir un « sindumuja » et « imbonerakure » malgré leur vision différente de la conduite de la chose publique, mouiller son maillot ensemble et partager la même bouteille d’eau à la fin ? Il faut éviter de tout voir politiquement.

Ces festivités qui sont organisées de manière à ce que tous les pays de la communauté est-africaine y participent sont à encourager. Elles sont avant tout organisées par des jeunes, pour les jeunes. S’il y a un conseil à donner aux organisateurs de #BujumburaPeaceRun2017 pour la prochaine édition, il faudra supprimer les frais d’inscriptions qui s’élevaient à 2000 fbu. Comme l’écrit si bien le festival Amahoro sur son site, « la paix est une construction quotidienne, qui demande du temps, et une vigilance constante. »

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