« Au parking, je dois graisser la patte des superviseurs pour passer avant les autres !»

Une initiative pour lutter contre le désordre qui se faisait remarquer au parking des bus du centre-ville a été adoptée depuis quelques temps. Pourtant, comme nous le raconte la blogueuse Elodie Muco, un mal qui caractérise la société burundaise n’a pas tardé à la rattraper : la corruption !

Nous sommes lundi soir, il est presque 19h et je sors du travail. En compagnie de deux collègues, je me dirige tranquillement à pied vers le centre-ville pour prendre le bus et rentrer chez moi. Arrivés au niveau du parking des bus qui vont au nord de la capitale, une file interminable de gens se dresse devant nous. On n’en voit même pas la fin, tellement elle est longue. Probablement qu’elle arrive au niveau de l’ONATEL. Que faire? Allons nous suivre la file jusqu’à la fin et nous ranger derrière les autres pour attendre notre tour ou allons-nous cotiser et prendre un taxi? On n’en sait rien. Je remarque soudain une femme qui s’approche doucement de notre groupe. Elle semble être là depuis un moment et elle observe la file comme nous. Je protège comme je peux mon sac à dos. On ne sait jamais. Cependant, elle semble plus intéressée par ce que l’on dit que par autre chose. Après avoir pesé le pour et le contre, nous décidons finalement de prendre un taxi.

La corruption est partout

À peine avons-nous fait quelques pas que la femme qui suivait notre conversation un instant auparavant s’approche de nous pour nous demander, timidement, si nous pouvions la prendre avec nous dans le taxi.  On se concerte du regard avant d’accepter.  Cependant, elle nous avoue, gênée qu’elle n’a que mille francs dans sa poche. Sachant qu’il arrive des fois où, les gens lassés d’attendre quittent la file et cotisent pour se payer le taxi, on la rassure comme on peut. Mais une question me trotte cependant dans la tête: qu’aurait-elle fait si nous n’avions pas été là? Car à la regarder, elle n’avait pas du tout l’intention de se mettre dans la file. Curieuse, je finis par lui poser la question et la réponse qu’elle me donna me surprit au plus haut point: «J’avais prévu 500 fr à donner au monsieur qui supervise la file».

«Ils ne peuvent rien faire»

Etonnée, je me tournai vers elle et lui demanda comment cela marchait. Elle me raconta alors en souriant qu’il suffisait parfois de glisser un billet à ces messieurs portant un gilet orange pour se voir mettre directement en avant de la file. Plus besoin d’attendre des heures et des heures!

«Parfois les gens s’en aperçoivent et ils râlent, mais ils ne peuvent rien faire», affirma-t-elle encore.

Un sentiment d’injustice me submergea tout à coup, mais je dus me rendre à l’évidence. La corruption est partout dans ce pays, même dans les initiatives citoyennes.

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Recent Comments ( 5 )

  1. « …Un sentiment d’injustice me submergea tout à coup, mais je dus me rendre à l’évidence. La corruption est partout dans ce pays, même dans les initiatives citoyennes… »
    Le constat est fait. Que faire maintenant ? Nous citoyens réagissons ensemble.

  2. Nibaza ko kenshi twama twihenze mukwama twateye agatsinde kuri abo bakira igiturire tukibagira ko kureka kwakirira uwuguhaye bigoye gusumba kureka gutanga.
    Kubwanje uwo mugore nabandi benshi muri ubu burundi kumbure nanje ndimwo nitwe turi intango yigiturire canke akarenganyo. Gufata ugategekanya amahera yuguhonga uwundi ngo agucishirizemwo urengagije abandi, kwanka kurindira igihe cawe kigere ugashima guca imbere yabashitse kare ivyo nivyo vyerekana ko tugwaye kuko biri muri benshi cane iyo niyo corruption mbi isumba zose kandi itigera ivugwa.

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