N.S. souhaite garder l'anonymat. Photo: Léonce Bitariho/Waza

Homosexuel burundais : « Je me suis accepté comme je suis »

Malgré l’incrimination de l’homosexualité au Burundi, certains homosexuels ne craignent pas de révéler leur homosexualité à leur entourage et d’agir pour plus d’acceptation des minorités sexuelles. Voilà l’histoire de N.S. : « Je me suis finalement accepté comme je suis. »

N.S. (qui souhaite tout de même rester anonyme sur le web, NDLR) a physiquement toutes les caractéristiques féminines, ou presque : son visage, son sourire, sa chevelure, son accoutrement, sa démarche, sa voix, … tout laisse à penser à la première vue que l’on est devant une jeune fille. N.S. a interrompu une séance de formation pour s’exprimer à notre micro.

Différent des autres garçons

Cet homme de 29 ans a su qu’il était gay au cours de son adolescence, quand il était encore au lycée. « Je me sentais plutôt attiré par les mecs que les filles », dit-il. Au début, il ne voulait pas admettre qu’il  était homosexuel. Il raconte qu’il a lutté contre son état, ou mieux, contre lui-même, parce qu’il se voyait différent des autres garçons.

Mais il a échoué. « J’ai réalisé que cette lutte est pratiquement impossible, soutient-il, et je me suis finalement accepté comme je suis. » N.S. affirme n’avoir jamais couché avec une fille. Il trouve le plaisir sexuel chez ses partenaires masculins, et uniquement là. « Je suis un homme qui aime les autres hommes, un gay, et je suis fier de l’être », martèle-t-il.

« Des personnes comme les autres »

N.S. n’a pas été obligé de faire un « coming out » comme tel pour dévoiler son homosexualité auprès de ses parents. Ceux-ci se doutaient en effet que leur fils était homosexuel, simplement à voir son comportement et sa posture. « Il paraît que ça se voit physiquement chez moi, lâche-t-il, souriant. Je suis un peu féminin. » Il précise que quand on lui a posé cette question, il a été honnête en affirmant, décomplexé, qu’il est gay.

Notre interlocuteur ajoute que les relations avec ses parents n’ont pas été détériorées pour autant. Aujourd’hui, sa famille est au courant de son homosexualité, quelques amis aussi. Et si quelqu’un lui demande au hasard s’il est gay, il répond aisément par l’affirmative, « que ça l’enchante ou pas. » Il renchérit que les homosexuels sont des personnes comme les autres malgré la discrimination à laquelle ils font face. Selon lui, aucun être humain ne devrait être victime de comment Dieu l’a créé.

Combat aussi difficile que délicat

C’est pourquoi il se bat pour la défense des droits des minorités sexuelles au Burundi. Des droits qui n’existent presque pas, parce que n’étant pas reconnus des pouvoirs publics. Il travaille dans une organisation privée, précisément dans un projet de prévention et de prise en charge de ces minorités sexuelles. Il est aussi écoutant sur la ligne SOS.

Dans ce combat aussi difficile que délicat, N.S. compte sur le soutien des associations de la société civile en général, et en particulier celles qui ont déjà intégré dans leurs programmes les groupes de minorités sexuelles comme une catégorie de personnes vulnérables. Et de révéler que les gays ne sont pas aussi peu nombreux qu’on pourrait le croire: « Je dirais qu’ils existent dans toutes les couches de la société, aussi bien dans le milieu intellectuel que chez les non instruits, tant dans la campagne que dans les centres urbains. »

Dans cette lutte, les homosexuels burundais se heurtent à un bloc solide : la loi. Le code pénal burundais de 2009 prévoit que « Quiconque entretient des relations sexuelles avec la personne de même sexe est puni d’une servitude pénale de trois mois à deux ans et d’une amende de cinquante mille à cent mille francs ou d’une de ces peines seulement. » N.S. souhaite plutôt que cette disposition soit simplement retirée.

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Recent Comments ( 5 )

  1. HOMMOSEXUALITE AU BURUNDI!

    Quand Dieu crea l,homme,Il realisa qu,il ne suffit pas que l,homme soit seul et ainsi crea de la cote de cet homme une jolie femme qui completera le vide qu,aurait eu l,homme si la femme n,etait pas en ses cote:Genese.

    Sur quoi N.S se refere en disant que les hommosexuels sont reconnu devant le PERE?si j,ai une bonne memoire la loi au Burundi se conforme a la cuture et au moeur.dans le BURUNDI d,autre fois les hommosexuels etaient condamnes a l,autodafee et leur famille chasse du pays.pour quoi ces demons veullent nous porter hors culture et moeurs alors que ces derniers font la base redoutable de l,humanite d,apres l,UNESCO!

    je conseillerai pourtant le gouvernement a lever d,avantage ces sanctions a 5ans et plus d,un million de nos francs ou un des deux.et le LESBIENNES qu,en disent-elles?

  2. – 1967 l’ensemble des aborigènes (alors classés dans la catégorie Faune et Flore) changent de statut et deviennent des résidents australiens.
    – Le 6 août 1965 : La reconnaissance du droit de vote pour les Noirs aux USA.
    – Le 1 Juillet 1962, Le Burundi obtient son indépendance
    – 7 MAI 1990 : L’OMS RETIRE L’HOMOSEXUALITÉ DE LA LISTE DES MALADIES

    Chère communauté LGBTQIA, tient bon, des jours radieux sont imminents

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