Photo d'illustration: ©Yaga
article comment count is: 8

Le passé, ce mauvais conseiller

Avec 2015, l’histoire du Burundi semble se répéter. Une situation qui désespère la blogueuse Bella Lucia Nininahazwe. La jeune femme nous propose une autre manière d’appréhender les choses et nous appelle à adopter un regard résolument tourné vers l’avenir.

Notre passé est souvent lié à notre futur. Mais quand on n’y  prend pas garde, notre passé peut ruiner notre avenir. J’ai maintes fois essayé de chasser ces démons qui veulent me promener dans l’histoire de mon petit pays, mais ils semblent déterminés comme jamais.

Quand je me plains des disparitions, ils me diront qu’en 1972 c’était pire. Quand je dis que j’en ai marre de la guerre, et que je crie au secours, les inlassables me diront qu’en 1993, elle était plus sanglante mais que je n’ai pas crié. Quand les uns appellent à renforcer  la démocratie et ses valeurs, les autres arguent que même en 1985 il n’y avait pas de démocratie. Oui, comme si on devrait revivre le passé, comme si chaque blessure au lieu de se cicatriser devrait s’infecter plus encore. Un cercle vicieux !

Les temps changent

Je n’arrive pas à comprendre pourquoi on se complait à prendre le passé pour référence. Rien n’est plus pareil ! Tenez, jadis, il fallait juste décrocher son diplôme pour avoir un bon boulot dans un bureau X. Mais aujourd’hui, compléter ses études ne te donne droit qu’à un statut de chômeur instruit, qui  va faire de toi un lépreux pour la capitale.

Autrefois, la pluie seule suffisait pour récolter  ce qui te fera vivre pour toute l’année mais maintenant cette même pluie est devenue une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes, si elle daigne se manifester. Hélas, les temps sont révolus. Les conditions de vies deviennent de plus en plus dures, les gens meurent de faim, le taux de chômage s’accentue, mais au lieu d’ouvrir nos yeux, de  nous tenir la main pour avancer ensemble, on se contente de comparer et de chercher à « venger » ceux qui nous ne l’ont pas demandé.

La force du passé

Je crois en la force du passé pour construire notre avenir mais sachons aussi que c’est une « épée à double tranchant » qui doit être manipulée avec délicatesse. Quand j’entends des jeunes qui avancent des arguments comme « dans le passé c’était pire », je suis choquée. C’est normal qu’on soit tenté de comparer mais c’est à nous de choisir entre la lumière et les ténèbres. Je reste convaincue que c’est ma responsabilité de construire un monde meilleur .Et si mes aînés ont échoué à le faire pour moi, je peux le faire pour les générations futures.

Moi et toi devrions savoir que l’obscurité ne chasse pas l’obscurité, seule la lumière le peut. Pourquoi nous  référer au passé  pour juste nous convaincre que ce que nous faisons est normal ? On pourrait plutôt chercher dans le passé des bons exemples qui nous inspirent et nous aident à préparer un meilleur avenir, au lieu de nous enfermer dans un cercle vicieux, dans lequel nous ne récolterons que larmes et lamentations.

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (8)

  1. « …On pourrait plutôt chercher dans le passé des bons exemples qui nous inspirent et nous aident à préparer un meilleur avenir, au lieu de nous enfermer dans un cercle vicieux, dans lequel nous ne récolterons que larmes et lamentations. »
    Bravo ! Pourtant, différents exemples prouvent que si nous ne nous sortons pas de ce cercle vicieux, le Burundi finira par disparaître ou être occupés.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.