Photo d'illustration: ©Yaga

Les rapports faits sur le Burundi devraient nous inciter à changer

Des rapports accablants sur le Burundi pleuvent depuis le début de la crise électorale de 2015. Après s’être inscrit en faux contre ces publications auparavant, le blogueur Ezéchiel  Ndayizeye revient avec un autre regard sur ces rapports, plus constructif.

Des questions sans réponses n’ont pas cessé de tarauder mon esprit depuis que j’ai commencé à parcourir certains rapports produits sur le Burundi.  Les dits rapports me laissent toujours perplexe. Je me demande ce que gagnera concrètement le Burundi dans de ce jeu de « dénoncer » et « démentir ». Au centre se trouve un peuple accablé par la pénurie des vivres (dans certaines provinces du pays), et la machine économique  ne tourne pas correctement comme ça devrait être le cas. En simple citoyen, je me permets de pousser loin mon imagination :

Si, après avoir dénoncé ce qui ne va pas, ces ONG et organisations internationales pouvaient concevoir un plan de sauvetage qui va au-delà du simple  fait d’imposer des « sanctions » et qui revêt un caractère économique « gagnant-gagnant » plutôt que des aides, j’imagine que le pays se développerait inévitablement.

Si, après avoir « démenti » les rapports émis sur le Burundi, le gouvernement actuel pouvait  revoir sa vision politique  et  voir comment s’inspirer des modèles économiques à succès, j’imagine que même les jeunes qui cherchent à fuir le pays finiraient par changer d’avis, jusqu’à s’intégrer au sein la vie socio-économique du pays.

Au Burundi, nous avons deux choix à faire : nous contenter de discuter éternellement des problèmes et difficultés à surmonter en blâmant le monde entier ou nous asseoir sérieusement et quotidiennement avec nos équipes d’experts pour mettre en place des solutions possibles même lorsqu’elles contredisent nos vérités.

Un «  bras de fer » déraisonnable ne sert à rien

Je suis de ceux qui croient que l’émergence du Burundi ne pourra se faire que par la création d’un nouveau environnement d’affaires dans les campagnes, afin d’éviter l’exode rural des jeunes, une première étape pour contredire par l’action ces rapports que certains jugent calomnieux. Pour que ces jeunes en quête d’emploi participent pleinement à la lutte contre les crises alimentaires récurrentes, il faut mettre en place un système dynamique de production et de transformation au niveau local. Voilà ce que nous devons arrêter de faire : exporter  sans calculer vers le Nord nos matières premières (café, minerais, coton, sucre etc.) Il nous faut surveiller sinon « ralentir ou décourager » l’importation des technologies, des produits manufacturés et les céréales de base pour essayer de créer, valoriser ou multiplier ce que nous avons déjà. C’est de cette façon qu’on n’aura plus une génération de rêveurs d’Occident, mais celle qui rêvera de faire du Burundi une véritable destination touristique, une terre où il faut faire des affaires, un endroit où les jeunes ne seraient pas obligés d’utiliser la violence pour se faire entendre.

Si parfois les rapports qui sont faits sur le Burundi sont négatifs, c’est parce que la plupart d’entre nous veulent s’enrichir sur le dos des autres sans exercer aucune réelle activité économique. Je pense qu’il est temps de repousser le modèle de développement « empoisonné », fondé sur les aides. Nous dévons nous préparer à un développement qui correspond à nos désirs et qui inspire respect et dignité.

Articles récents

Recent Comments ( 1 )

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi grand frère, sauf sur le ne pas importer le technologie. Pour le reste, l’introspection est très nécessaire pour débusquer le mal qui ronge notre société et l’extirper de notre patrie, pour que l’on cesse de s’attaquer aux symptômes au lieu de s’en prendre aux virus, aux microbes ou aux bactéries. Si il y a un faux diagnostique, la remède ne sera que fausse.

Say your opinion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*