Photo d'illustration: ©Yaga
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La femme burundaise et la culture sont-elles inconciliables ?

Aujourd’hui on  célèbre la journée internationale de la femme. Et pour la blogueuse Inès Ininahazwe, cette célébration devrait nous pousser à réfléchir sur les rapports presque conflictuels qui existent entre la culture burundaise et la femme.

Le 8 mars de chaque année, le monde célèbre la journée internationale de la  femme, de l’égalité des droits. Le Burundi n’est pas en reste. En ce jour, beaucoup de femmes (pour ne pas dire toutes) se sentent spéciales. «  Enfin un jour pour nous», se disent-elles. Dédier une journée à la femme suffit-il comme reconnaissance de sa juste valeur?  Revenons en arrière, dans notre culture! Certaines citations et  proverbes font tout pour la déchoir de sa place :  umugore n’umwana (l’intelligence de la femme est comparable à celle de l’enfant), umukobwa n’akarago k’abaraye (la fille est au service de tout passant), pour ne citer que ceux-là. L’importance de la femme a été minimisée, réduite à rien. 

Il faut changer

Les temps ont changé, les mentalités n’ont pas suivi. Certes, avec le temps,  la femme burundaise s’est faite une place dans la société. Elle a abattu des barrières. Elle fait mieux que l’homme des fois, et ce dernier doit reconnaitre son importance, sa valeur et la contribution qu’elle apporte. De la mère qui porte la houe sur l’épaule, l’enfant sur le dos, à celle assise dans un bureau climatisé, elles ont toutes une valeur inestimable…pour certains.

Pourtant, elles sont nos mères, nos sœurs, nos épouses. Elles peuvent aussi bien être cheffes de ménage, femmes d’affaires, juges, enseignantes, docteurs, présidentes de Nations, businesswomen,… Elles inspirent, éduquent, et sont le berceau de nos foyers. Pourquoi ne pas leur attribuer la place qu’elles méritent ?

Arrêtons les préjugés!

Malheureusement, une erreur commise par une femme au travail, et on retombe dans les stéréotypes. Une promotion avant les hommes, et on l’accuse d’ambition démesurée. La femme devient une sorte d’enchanteresse qu’il faut craindre. Le comble, c’est une femme qui ne sourit pas, parce que des fois, disons-le, il n’y a aucune raison de le faire. Que dit-on d’elle ? Que c’est une méchante mégère.    

Chers Burundaises et Burundais, on devrait savoir que c’est le peuple qui fait la culture et non l’inverse. Peindre les femmes en de créatures frêles ou méchantes, sans parole, doit cesser. Si les droits de la femme sont reconnus chaque jour, on devrait aussi revisiter notre culture, repeindre encore l’image de la femme burundaise dans les citations, proverbes qui la concernent.

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