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À Bujumbura, porter un sac à dos est devenu un délit

Marcher à pied avec un sac à dos est devenu un choix risqué pour les jeunes Bujumburois. Le blogueur Uzumaki (pseudo) en a fait les frais tout récemment, face à une police remontée. Révolté, il partage ses interrogations et craintes.

Cela fait trois fois en l’espace d’un mois et demi. Trois fois que je me fais accoster par la police. À chaque fois, ce sont les mêmes questions qui reviennent : « qu’est-ce que tu transportes dans ton sac à dos ? ». Ensuite, « d’où est-ce que tu viens ? » et enfin « où est-ce que tu vas ? ». La première fois que cela m’est arrivé, je marchais tranquillement en ville pour me rendre à un rendez-vous et je sens une personne tirer sur mon sac à dos. Le temps de me retourner, je me retrouve en face d’un policier et trois autres qui m’observent avec insistance.

Ils ont commencé à tâter mon sac comme pour soupeser son contenu et m’ont balancé la litanie des « incontournables questions » tout en m’encerclant, comme pour m’empêcher de fuir. Rien n’est plus désagréable que de se faire traiter comme un suspect en public. La gêne d’être obligé de déballer ses affaires en pleine rue.

J’avoue, sur le coup, je ne savais pas trop quoi penser de la situation et j’ai machinalement répondu aux questions. Mais j’avais l’impression que mes réponses ne les satisfaisaient pas. J’ai eu toutes les peines du monde à leur expliquer que je me rendais à une réunion de travail avec mon ordinateur et que je venais tout simplement de chez moi. Les deux autres fois, ce fut assez similaire. Tu marches tranquillement dans la rue et paf ! Ils sont là ! Et c’est reparti pour un tour !

Risques et questionnements

Ceci est aussi arrivé à d’autres personnes. C’est un fait quotidien qu’on voit dans les rues. Mais cette manière de faire, abrupte je dirais, risque d’avoir des effets négatifs : « Nous avons peur de la police au lieu de lui faire confiance ».

C’est la peur de la personne qui ne sait  pas à quoi s’attendre quand il rencontre des policiers en patrouille, peu importe le moment, avec un sac sur le dos. Un sentiment légitime vu le contexte et les informations que l’on trouve à gauche à droite. Par ailleurs, je me demande si ces check-in sont systématiques. Est-ce que ça n’arrive qu’aux hommes ? Sur quels éléments se basent-ils pour accoster la personne ? Son accoutrement ? L’apparence physique ? La qualité du sac ? Des questions sans réponses.

Le problème, c’est que maintenant je n’ai simplement plus envie de passer à côté de policiers. À chaque fois que je le fais malgré moi, je me sens comme une jeune fille qui passe devant un « ligala » (groupe) de jeunes hommes et qui se fait scruter sous toutes ses formes.

La police peut faire mieux

Partons du principe très simple que la police est là pour faire régner l’ordre. J’estime cependant qu’elle peut s’améliorer. Une relation de confiance, ça marche dans les deux sens. Je suis convaincu que la police gagnerait à aborder les gens plus sereinement.

Conscient que nous sommes dans un pays qui traverse une période d’insécurité latente, les contraintes sécuritaires, et je le dis en tout état de cause, on sait ce que c’est. Ça ne serait pas la première fois  qu’on traverse une situation pareille. Mais je pense qu’il serait avisé de la part de la police de faire une petite annonce sur les normes de sécurité pour les piétons avec des sacs. Au moins, on saurait sur quel pied danser et tout ceci prendrait une tournure plus normale. Il n’y aurait pas de raison de ne pas coopérer. Quand on est informé, je doute qu’il y ait des heurts.

Au final, après avoir bien réfléchi sur la question et vu que je doute qu’un changement se fasse bientôt, je dois penser à une autre façon de me déplacer. Devrais-je acheter une voiture ? « Ce sera pire », m’a confié un ami. Mis à part le contexte économique, la police routière n’est pas réputée pour son amabilité. Reste plus qu’à me travestir, peut-être qu’avec un sac de femme, je pourrais me déplacer tranquillement.

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Les commentaires récents (1)

  1. Ivyovyo ninkumugenzo kwel.aho rero naho badaciye bakwagiriza ibind vyaha utanazi ngo wagayanye!wabasuzuguye mama ngo wabishuye nabi aho rero haba harimwo nugwaruka ukibaza kwaribo basubiriye police uka bibura ahorero bakwigenzako kugira bagire icobagukuyeko ngwamahera ngusabireko ibigongwe.arinzara nibatakambire uwabatumye bareke abanyagihugu nurubishe ruramaze.turifuza kwingeso nkiyo yoranduranwa nimizi tukiruka n,imigambi yiterambera.murakoze

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