Photo d'illustration: ©Yaga
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Le malheur de naître dans une famille de politiciens au Burundi

Beaucoup d’enfants issus de familles engagées en politique sont souvent victimes des idéologies de leurs parents, malgré leur jeune âge ou leur désintéressement face à la politique. La blogueuse Bella Nininahazwe a recueilli quelques témoignages.

La vie des enfants de ceux qui gouvernent paraît fantastique, enviable. Pourtant au Burundi, tout n’est pas rose pour ces filles et fils des figures politiques. Surtout maintenant que le pays est plongé dans ses déchirements. Voir des enfants discriminés suite à l’appartenance politique de leurs parents n’est pas chose rare.

Alain*, un jeune d’une vingtaine d’années, témoigne: « J’ai éveillé l’attention à cause de mon nom, un patronyme. Mes camarades de classe ont commencé à me pointer du doigt. Mes amis m’abandonnaient un à  un. Ma présence était toujours associée à celle de mon père  qui  occupe un poste à responsabilité dans le gouvernement. »

Pourtant, le seul désir de ce jeune de tout ce qu’il y a de plus normal,   c’est d’être un garçon insouciant comme tous les autres.  « Malheureusement, j’ai beau répéter que je ne suis pas mon père, que la politique ne m’intéresse même  pas,  le monde n’est pas prêt à m’écouter ni à me comprendre », confie-t-il, abattu.

La personne de l’autre camp, un ennemi en puissance

Lorie*, elle, se lamente de ses relations qui doivent se  limiter  à ceux qui sont dans le même camp que celui de sa famille : « Ces histoires d’anti et de pro-mandat sont venus tout gâcher. Je dois avouer que maintes fois j’ai été tentée de renier ma famille. Je n’ai pas honte mais seulement les préjugés qu’ont les gens envers moi me font souffrir. Je dois donc filtrer mes amis  à base de ces préjugés».

Pour cette jeune fille, il faut avoir la peau dure pour supporter toutes les critiques, moqueries ou mépris  qu’on retrouve dans divers posts et articles sur les réseaux sociaux. « Je supporte très mal les menaces de mort et les agressions lancées à l’égard de mon père. J’imagine toujours vivre sans lui et ça m’angoisse », s’inquiète-t-elle.

« J’ai commis l’erreur de naître dans cette famille »

Dans cette crise politique, des proches des politiciens ou des activistes sont mortes et nous avons vu et lu les commentaires qui s’en sont suivis. Cela a affecté leurs enfants. Et pour Célia*, 25 ans, avoir un papa qui fait la politique est un véritable fardeau : « Je me sens coupable à cause ma famille. J’ai toujours suivi  avec émoi cette terrible histoire que vit mon pays. Ces enfants qui meurent parce qu’ils sont nés dans des « mauvaises » familles, ces personnes qui ont vu leur vie raccourcie parce que  proches d’un activiste. Naître d’un homme politique serait-ce devenu un péché ? », s’interroge-t-elle, perdue.

Plus que tout, la jeune fille craint les commentaires qui suivraient sa mort simplement parce qu’elle est fille de X, comme cela s’est fait remarquer dernièrement au décès d’un enfant d’une députée, mort dans un simple accident de voiture.

*Les noms ont dû être modifiés pour des raisons d’anonymat

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