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Le facilitateur Mkapa est-il enfin décidé à trouver une solution à la crise burundaise ?

Malgré l’absence du gouvernement burundais  à la nouvelle session du dialogue inter-burundais  à Arusha, notre contributeur Honoré Mahoro (pseudo) détecte quelques signaux positifs dans la médiation. Voici son analyse.

À la 2ème journée, les principaux protagonistes au conflit burundais étaient déjà à Arusha, en République Unie de Tanzanie.  Deux blocs pouvaient se faire remarquer.

D’un côté, le parti au pouvoir, le Cndd-Fdd et ses acolytes, qui refusent de s’asseoir avec la principale plateforme d’opposition, le Cnared.

D’un autre côté, cette coalition qui avait pourtant défendu bec et ongles que le facilitateur William Benjamin Mkapa n’était plus crédible après ses déclarations fracassantes en décembre dernier.

Malgré cette bipolarisation, l’équipe de la facilitation a pu faire venir tous les principaux leaders des partis politiques, dont le  Cndd-Fdd et les poids lourds du Cnared. La seule à avoir été aux abonnés absents est la partie gouvernementale. Une absence toujours entourée de brouille et de contradictions, le facilitateur ayant été  explicite en clarifiant qu’il ne l’avait jamais invité, alors que la liste des personnalités conviées comportait celles du gouvernement.

Un fin stratège ?

Au lieu des échanges stériles et après le refus du Cndd-Fdd de s’asseoir avec le Cnared, le facilitateur a préféré les écouter séparément. Il a par ailleurs donné à chaque groupe des questions clés au point d’en faire une réflexion en vue de la plénière. Une façon habile de réfléchir sagement sur les points de discorde qui constituent le nœud de la crise burundaise. Le même exercice est donné aux trois ex-présidents burundais, qui ont été entendus en premier par le facilitateur  mercredi 15 février.

L’opposition de l’ancien président de la Tanzanie à la probable modification de la Constitution du Burundi peut renouer la confiance d’une partie de l’opposition. Mais le grand pari n’est pas encore gagné par le facilitateur Mkapa.

Aujourd’hui, les politiciens oublient qu’ils jouent sur le sort des centaines de familles en deuil et des centaines de milliers de Burundais en exil. Au lieu de  les laisser se quereller, parfois inutilement, Mkapa devrait leur rappeler que les Burundais et la Communauté internationale commencent à se lasser de voir toujours les mêmes politiciens négocier au même endroit pour presque les mêmes sujets. Les Burundais n’attendent qu’une chose : que les protagonistes se regardent en face, discutent sans faux fuyant, et cessent ce jeu de boycott stérile.

Pour Arusha I, Nyerere a été obligé de recourir à l’embargo. Peut-être que Mkapa devrait user d’un peu plus de créativité aussi !

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