Bruno Simbavimbere, président de l'AMB ©Yaga

L’«Amicale des Musiciens du Burundi » dérape!

Artiste-chanteur à ses heures perdues, le blogueur Rivardo Niyonizigiye s’inquiète de la « dérive » de l’Association des Musiciens du Burundi, qui pourra dès le mois de mars censurer les chansons à diffuser sur le territoire national. Une attribution à l’opposé de ses objectifs selon le blogueur.

Le mois de mars est la date  limite fixée par  le Conseil National de la Communication, qui a donné le pouvoir d’aval sur les chansons à l’association ‘‘Amicale des Musiciens du Burundi (AMB)’’.

Comme le précise le vice-président du CNC dans son annonce, cette autorisation est une suite favorable à la requête du président de l’AMB, monsieur Bruno Simbavimbere, dit Memba. Ce dernier voulait être autorisé à censurer les chansons avant leur diffusion dans les médias. Un dérapage pour ma part.

Mesure unilatérale

Avant de s’adresser au Conseil National de la Communication, il fallait que le président de l’association réunisse tous les musiciens et demande directement leur avis. Ce qu’il a fait remet en cause l’entente qui régnait dans cette association. Le CNC ne contribue en rien dans l’inspiration d’un artiste. Mais l’AMB si.  

L’Amicale des musiciens peut conseiller les artistes et leur monter ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Elle est un cadre d’échange entre les artistes qui doivent se rencontrer et partager leurs expériences et surtout traiter ensemble les questions telles que : garder l’identité burundaise dans leurs productions, être des artisans de la paix, avoir une même vision du monde dans lequel nous vivons, situer leur art dans les réalités de notre temps,…

Oubli des vrais objectifs

Créée en 1986 par Léonce Ngabo, l’AMB n’avait pas d’autre mission que promouvoir la musique burundaise, engagée ou pas. Depuis sa création, cette association n’avait pas cessé de parler pour l’évolution de la musique burundaise.

La musique burundaise a parfois besoin d’être censuré je l’admets. Mais l’AMB n’en est pas l’organe adéquat.  Son travail est de représenter les musiciens, plaider pour eux, mais aussi les promouvoir.

Si l’AMB se cherche de nouvelles responsabilités, il y a un autre combat plus juste à mener. Pourquoi ne pas s’atteler au problème des artistes burundais en exil qui ne peuvent plus rentrer chez eux ? Sinon, vu la pente glissante sur laquelle s’engage l’ «Amicale des Musiciens », j’ai peur que dans les prochains jours cette association n’ait plus rien d’ « amical ».

Articles récents

Recent Comments ( 2 )

Say your opinion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*