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Comment sortir de la crise économique actuelle ?

Les statistiques sont alarmantes. Selon le Plan de réponse humanitaire de janvier dernier, le Burundi est classé 184ème sur 188 pays selon l’indice de développement humain (IDH). Ce document confie également que trois millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire. Interpelé, le journaliste-blogueur Egide Nikiza est allé interroger des économistes afin de proposer des voies de sortie.

Selon Faustin Ndikumana, président de Parole et action pour le changement des mentalités (Parcem), le Burundi est non seulement le dernier pays au niveau mondial de par la situation de pauvreté mais aussi, il est l’un des deux derniers pays sur base de l’indice de la faim et de la malnutrition. «C’est regrettable. Le Burundi ne devance que l’Erythrée», se désole-t-il.

Dans ce cas, il est impératif d’identifier les causes de cette situation déplorable afin de proposer une solution.  «Avant de faire toute prescription, il faut s’assurer que le diagnostic a été bien fait», nous rappelle Joseph Mpengekeze, sociologue économiste et enseignant à l’Université du Burundi.

Selon lui, la précarité alimentaire qui prévaut actuellement au Burundi s’explique par les changements climatiques  d’une part et la situation socio-économique peu favorable aux activités génératrices de revenus d’autre part.

Richard Ndereyimana, économiste et enseignant à la même université, abonde dans le même sens que le premier : «Il faut s’attaquer d’abord aux causes de cette crise humanitaire. Si non, il est difficile, pour ne pas dire impossible, de s’en sortir».

Voies de sortie

Le professeur Joseph Mpengekeze soutient que la santé des personnes doit être tête de liste des priorités. Il lie la précarité alimentaire à la recrudescence des maladies, qui ne cessent, ces derniers jours, de semer la désolation dans les familles. «La santé dépend nécessairement de l’alimentation. Les médecins le savent bien, il faut manger varié et équilibré pour avoir la bonne santé». Et c’est quand on est en bonne santé qu’on peut travailler. Pour ce sociologue économiste, il faut à court terme une assistance en vivres, en couvertures,…, à l’encontre des populations les plus touchées.

Mais selon le professeur,  il faudra par la suite mener une sensibilisation à l’intention des Burundais en général. Pour lui, on devrait changer de mentalité : «Les Burundais doivent garder à l’esprit qu’ils ne peuvent pas vivre éternellement des aides. Certes ils ont besoin d’une assistance en urgence. Néanmoins, ils doivent à moyen et à long terme apprendre à voler de leurs propres ailes».

«L’argent n’est pas une fin en soi»

Une question se pose à ce moment : « où tirer les moyens pour voler de ses propres ailes ? »  Le professeur soutient que « l’argent n’est pas une fin en soi. Il est plutôt un moyen comme tant d’autres». Pour lui, l’initiative des activités génératrices de revenus, la stabilité garantie, peuvent contribuer à juguler la crise alimentaire qui se profile déjà.

Quant au professeur Richard Ndereyimana, un retour à la normale des relations diplomatiques  peut redresser l’économie, et ainsi, améliorer les conditions de vie des Burundais: «Dans un pays où les opportunités ont sensiblement diminué, il est compréhensible que les gens, sans exception aucune, peuvent profiter considérablement du rétablissement de la coopération avec les partenaires traditionnels».

Que pense la Parcem ?

Faustin Ndikumana, président de la Parcem, propose trois axes « incontournables » qui, selon lui, peuvent mener à un retour à la normale.

« Il faut d’abord mettre fin à la crise politique en vue de garantir la stabilité. Ensuite, il faut rétablir la coopération avec les traditionnels bailleurs de fonds. Cette étiquette d’un pays isolé, d’un pays en crise doit disparaître. Enfin, il faut un engagement franc contre la corruption. Tous les efforts seront vains si on ne s’attaque pas à la corruption et aux malversations économiques».

Mais aussi, pour ne pas réduire à néant les efforts qui auraient pu améliorer la situation, il propose de ne pas toucher à la Constitution. Sans détours, cet activiste de la société civile recommande à la classe politique de ne pas changer d’un iota toutes les clauses de la loi fondamentale dont l’émanation est l’Accord d’Arusha.

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Les commentaires récents (3)

  1. Je crois qu’il faudra aussi songer à voir comment à l’avenir il ne suffise pas d’une perturbation climatique pour que l’on tende aussitôt la main. Voir les facteurs sur lesquels travailler, afin d’augmenter sensiblement les récoltes, et de pouvoir dégager des surpris et constituer des réserves suffisantes.
    Na kera abarundi baragira ibigega, abasaruye bike bakagira ibitiba.

    1. Il faut aumoins creuser des fosses pour la conservations d’eau de pluie afin d’aroser les plantes en cas de la manque de pluie. en plus puisque les aides manquent il nous faut des agromes qualifier pour renforcer les coultures à exporter. de plus il faut mieux exploiter le sous sol burundais en evitant la malverisation et la corruption en payant mieux les fonctionnaires de l’Etat. mais aussi il nous un coeur de mieux partager le moindre chose que nous sans aucune discrimination de tout le peuple burundais

  2. Merci M.NIKIZA d’avoir cherché ces premières solutions à la crise financière. Cependant, c’est toute une étude d’un plan socio-économique à confier aux spécialistes et ensuite rétablir les différentes coopérations internationales pour son financement. Bannir la corruption est important pour que s’il y a financements, le plus grand nombre puisse en profiter. Ensuite développer les capacités internes pour pérenniser l’équilibre retrouvée : capacités politiques,…

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