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Crise burundaise : le début de la faim

Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir. Si le discours des autorités burundaises semble indiquer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, depuis la réélection controversée du président Pierre Nkurunziza, la langue de bois n’est qu’un cache-misère. Si le pays a cessé de faire la une des journaux occidentaux, la communauté internationale ne fait même plus mine d’ignorer que 320 000 Burundais ont fui dans des pays voisins et que des centaines d’autres ont été tués, depuis le scrutin présidentiel. La nouveauté n’est donc pas que les violences perdurent au pays. L’inédit est qu’on ne meurt plus seulement de représailles. On meurt aussi de faim…

Ce n’est pas qu’une expression pour décrire une vague malnutrition : on décède formellement de famine au Burundi. Difficile d’obtenir des statistiques fiables dans une nation où la chape de plomb est synonyme de secret pour mieux régner –notamment par le refus de visas aux journalistes étrangers. Pourtant, les informations circulent, même parcellaires, notamment quand des administrations locales dépassées osent demander des aides d’urgence. C’est ainsi que le gouverneur de la province de Bubanza, Tharcisse Niyongabo, vient de tirer la sonnette d’alarme. Dans le seul village Muyange I de la commune Gihanga, quatre personnes sont mortes en moins d’une semaine et 3000 ménages seraient menacés par la profonde crise humanitaire née de la combinaison de la saison sèche, du renchérissement du coût de la vie et des tensions politiques. Des maladies se seraient-elles combinées avec la malnutrition ? Toujours est-il que, selon le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), 3 millions de citoyens seraient en extrême besoin d’assistance humanitaire, soit un bon quart de la population.

Quand les sonnettes d’alarme résonnent les unes après les autres, peut-on encore entendre leur macabre concert, surtout face à des accusations de misérabilisme partisan ? Les Burundais avaient faim de démocratie. Voilà qu’ils ont faim tout court…

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Les commentaires récents (1)

  1. c est tres dangereux!il faut que les autorites burundais vont sieger bien avant en resolvant cette question qui est aujourd’hui grave!!!

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