Photo d'illustration: ©Yaga
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Bujumbura : le transport en commun, une grosse arnaque

Ces derniers temps, plusieurs Bujumburois préfèrent se déplacer  à pied ou se concertent à quatre pour prendre un taxi, au moment où d’autres prennent les bus par manque de choix. Le blogueur Tanguy Irangabiye expose les raisons qui poussent les citadins à détester ce moyen de transport.

Vous vous dites probablement que les Bujumburois font leur princesse. Ou qu’ils veulent brûler des calories. Ou bien qu’ils sont très riches au point de prendre des taxis à des prix exorbitants. Je vous répondrais que c’est parce que vous ne connaissez pas les tares du  transport en commun de la capitale.  Laissons de côté la cohue générale, les bagarres et les files interminables sur les parkings.  Les passagers n’ont pas tort de faire la fine bouche parce qu’il y a toute une foule de raisons qui les poussent à agir ainsi.

La toute première phrase, sur un ton très brutal, que le convoyeur t’adresse est : « Monte seulement si tu as des billets en petites coupures ! »  Certains passagers intransigeants se livrent parfois à un échange de gros mots avec ces contrôleurs. Là on est sûr d’avance que le trajet sera tout sauf serein.

Véhicules délabrés

À côté des convoyeurs, il y a toujours ce chauffeur qui veut se mêler des affaires d’échanges de monnaie au lieu de se concentrer sur le volant. Ce serait  compréhensible si au moins le bus était en bon état. Je ne sais pas comment ils le font, mais les propriétaires de certains bus peuvent le garder en circulation plus de quinze ans. Et curieusement les documents de contrôle technique sont toujours neufs.

Un bus qui ne démarre pas sans être poussé, sans essuie-glaces, incapable de passer à la troisième vitesse, lié directement à un bidon de cinq litres comme réservoir d’essence, peut être en possession de ce document dûment signé par le chef de garage de l’Office de transport en commun (OTRACO). Je me dis parfois que dans ce cas, le chef de garage doit exiger un « tout petit » bonus pour jouer cette comédie. Les conducteurs de ces tacots doivent aussi être tellement doués pour pouvoir tromper les policiers-contrôleurs sur les barrages, si ces derniers ne ferment pas les yeux pour un billet de 2000 fbu.

Bus ou porcherie ?

Cerise sur le gâteau, les convoyeurs ne se gênent pas d’embarquer les animaux avec les passagers. Il n’est pas rare de faire un trajet parfois long  avec quelqu’un qui a une ou deux poules ou bien un canard sur les genoux, à la limite dans des sachets censés contenir en vain ces bestioles.

Le Burundi possède un code de la route. Il reste à savoir pourquoi il n’est pas respecté alors que les barrages policiers pullulent à Bujumbura. En plus du contrôle de la carte d’identité, je vous demanderais à vous monsieur l’agent de jeter un coup d’œil à l’état et au chargement du bus.

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Les commentaires récents (2)

  1. Y-a-t-il un pilote dans l’avion Burundi ? Certes le paradis n’est pas sur terre, mais l’amélioration des conditions de vie des citoyens est un devoir des gouvernants !

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