Photo d’illustration: ©Yaga
article comment count is: 10

Quand le « chacun pour soi » devient la règle au Burundi

Choqué par la montée en puissance de l’individualisme au Burundi, le blogueur Prosper Niyonkuru dénonce une société en pleine crise des valeurs.

Il est 15h00 environ, sur le pont Ntahangwa haut. Un jeune conducteur de taxi-vélo en provenance de Kamenge est grièvement blessé suite à un accident de la route. Endormi sur le bas côté, son abdomen est ouvert. Les intestins sont dehors. Ses confrères taxis-vélos assistent à la scène comme au cinéma. Les piétons approchent, les plus émotifs quittent les lieux, les chauffeurs de bus, des taxis et des particuliers ralentissent leurs véhicules, le temps de jeter un coup d’œil à la scène macabre, pour enfin appuyer sur l’accélérateur. La victime crève sous les flashs des androïdes. Chacun des passants veut balancer en premier les images sur les réseaux sociaux.

Le blessé fait quelques mouvements des mains, histoire de montrer qu’il est encore en vie. Ça fait plus de dix minutes qu’il est allongé. Le sang coule de tous les côtés. Et les voitures poursuivent leur interminable caravane. C’est après 15 minutes qu’un homme en voiture TI s’arrête sous la pression d’un policier. Celui-ci a d’abord barré la route pour que le pauvre blessé puisse être transporté à l’hôpital.

Une société impitoyable  

La douloureuse scène suscite pas mal de questions aux quelques âmes encore sensibles : où sont passé nos valeurs de charité et d’entraide ? Que vaut la vie aux yeux des Burundais actuellement ? Que prêchent les églises pleines à craquer tous les dimanches ? « Notre société devient de plus en plus impitoyable. Elle tend à être une jungle », s’emporte un passant qui assistait impuissant, se demandant à quoi ressemblera le Burundi dans dix ou quinze ans si l’on garde ce statu quo.

L’abbé Adrien Ntabona, spécialiste de la culture burundaise, place la cause d’une telle crise des valeurs en relation avec la situation du pays qui change au jour le jour [insécurité, problème d’emplois, sécurité alimentaire, …(Ndlr)]. De plus, ajoute-t-il, le monde évolue vers l’individualisme, où le  « chacun pour soi » prime. Selon l’abbé, pour renverser la tendance, il faut créer un autre courant de pensée capable de restaurer les valeurs humaines. Et cela se fait au niveau de l’enseignement. « Ce n’est pas facile. Ça prend du temps. Mais nous devons tous nous investir », conclut le moine.   

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (10)

  1. « Que prêchent les églises pleines à craquer tous les dimanches ? » !!!! Justement c’est là où le bas blesse ! Les gens font du mal et vont à l’église pour se faire pardonner !!! Ils se donnent bonne conscience.

    1. Pas blamer les Eglises ou meme les passants. Si tu amenes un blesse a l hopital. On confusque la voiture qui l amene comme caution des soins hopitaux. Tu es oblige de le faire soigner.

  2. Il y a un autre problème: de nos jours, si vous transportez un blessé à l’hôpital, c’est vous qui devez payer la caution et les premiers soins d’urgence. On ne touche pas au malade, aussi longtemps que vous n’avez pas payé. Donc, avec ubuzima buzimvye, on y réfléchit à deux fois avant de se décider.
    Qui pis est, il y en a sûrement qui se demandent si on ne va pas par la suite les poursuivre pour avoir porté assistance à un malfaiteur, on ne prend même pas le temps d’ être mis au parfum.

  3. au moment où tu as analysé tout cela.tu n’étais pas sur terrain?donc tu raconte une histoire imaginaire.tu étais sur terrain donc je te demende ce que tu as fait ces 15 min pour aider le pauvre et montrer que tu avais compris ce qu’il fallait faire

  4. où arriverons-nous si on se laisse emporté par cet individualisme???mais on devrait savoir qu’une personne a une valeur parceque elle vit avec les autres et comme ça on devrait prendre soins des autres en ne tenant pas compte de son statut social!malgré une situation financièrement compliquée à la quelle nous faisons face,nous devrions savoir que l’humain reste l’humain!si nous encêtres venaient ils pleureraient jusqu’au sang!nous avons besoin de la renaissance de nos valeurs culturelles!!!

  5. Le capitalisme féroce qui ravage de plus en plus le monde, c’est lui qui déchire en morceau les cultures des pays et par conséquent les sociétés. La notre aussi n’a pas été épargnée. Moi aussi je m’inquiète sur ce que sera notre chère patrie d’ici 10 ans si rien ne change.

  6. Fallait que le policier, au lieu d’arreter un citoyen dans son TI en ses affaires essayant de gagner sa pain du jour, appelle ses paires de la protection civile. Je pense qu’ils sont payés pour ça car le citoyen lambda paie l’impot et autres taxes pour ça…

  7. que nous souvenons la valeur que DIEU a donne a l’homme.quiconque a ete cree a l’image de DIEU nous nous sommes appeles a respecter l’homme quelles soient les conditions si non malheur a celui qui le feras autrui

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.