Photo d'illustration: ©Yaga

Après 2015, des laissés-pour-compte…

365 jours  viennent de nous séparer de 2015, perçue par certains comme l’année de l’échec de la Révolution, et par d’autres comme l’année des manifestations criminelles. Le blogueur Tanguy Irangabiye veut se placer au-dessus de la mêlée et s’interroge sur le sort des jeunes qui ont participé à la contestation du troisième mandat.

Les habitants de Bujumbura ne sont pas près d’oublier les désolantes scènes qui se sont offertes à eux durant les manifestations  de 2015. Toutes les parties étaient intransigeantes et personne ne voulait écouter ne fut-ce que l’opinion de son interlocuteur. Cependant, même si les rapports de forces étaient inversement proportionnels, certains jeunes se sont livrés à des confrontations avec les forces de l’ordre.

Situation chaotique

Cela s’est passé au vu et au su de certains leaders politiques. Les innocents se sont retrouvés entre le marteau et l’enclume. Soit vous étiez du côté de ceux qui avaient des lance-pierres, soit du côté de ceux qui avaient des grenades lacrymogènes. Personne ne pouvait être neutre.

Au même moment, les promesses fusaient de partout. Tantôt on pouvait entendre des berceuses comme « la victoire est proche », « ce n’est qu’une question de temps », « à nous le Burundi nouveau », … Cela ne tenait compte ni de l’effectif des adhérents, ni des moyens mis en œuvre pour l’accomplissement de ce projet qui s’est avéré pharaonique.

Débandade

Lorsque les choses se sont compliquées, certains chefs ont pris la poudre d’escampette.  À ce moment-là, les moins nantis étaient livrés à eux-mêmes.

Aujourd’hui, la situation a pris une autre tournure. Le paradis qui avait été promis ne semble pas vouloir arriver de sitôt. Ceux qui étaient au-devant de la scène se dissipent peu à peu, laissant derrière eux des vestiges peu enviables.

Que deviendront les jeunes gens qui se sont donnés à fond pour qu’il y ait un changement quelconque ? Où sont-ils aujourd’hui ?

Parfois je me dis que certains politiques se sont livrés à un simple coaching pour remonter  le moral de ceux qui désespéraient.

Un sage dira : le linge que le soleil n’a pas pu sécher, ce n’est pas la lune qui le fera. Donc pour moi, il faut laisser nos aînés discuter entre eux sans nous -la jeunesse- impliquer dans leurs différends. Occupons-nous simplement de notre avenir.   

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