Photo d'illustration: ©Iwacu
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Cher Ombudsman, montrez-nous la différence !

La récente élection d’Edouard Nduwimana comme ombusdman ne cesse de faire des vagues. Cette fois-ci, le blogueur Rivardo Niyonizigiye s’inquiète de cette candidature mais l’encourage tout de même à faire la différence.

Cher Honorable, cher nouvel ombudsman ;

Je vous présente d’abord mes félicitations pour ce poste combien important dans la vie du pays. C’est un honneur pour vous, vos amis et votre famille. Être appelé médiateur national, conciliateur, unificateur, ce n’est pas donné à n’importe qui. C’est-à-dire que vous venez d’être mis au-dessus de tout ce qui se fait au Burundi.

Vous êtes désormais détaché de votre parti politique, de votre appartenance ethnique, de votre religion, etc. Le temps que vous consacriez jadis à votre famille vient d’être généreusement donné à la société burundaise. Vous dormirez tard et vos nuits seront courtes à présent. Il arrivera des jours où vous passerez des nuits blanches pour le bien de la nation. Ce n’est pas facile. Mais puisque vous l’avez accepté, puisque vous l’avez choisi, il vous faudra assumer.

Pour le moment, tous les maux et conflits burundais sont mis dans vos mains.  Les rêves et les intérêts des petits paysans sont mis sur vos épaules. Vous ne réglerez jamais les conflits à la manière d’un juriste mais cela ne veut pas dire que vous agirez contre la loi. Vous veillerez plutôt sur les Burundais avec un œil de médiateur, d’unificateur, un homme qui écoute toutes les voix.

Une candidature qui inquiète

La Constitution de la République du Burundi en son article 237 précise que si « l’Ombudsman reçoit les plaintes et mène des enquêtes concernant des fautes de gestion et des violations des droits des citoyens commises par des agents de la fonction publique et du judiciaire et fait des recommandations à ce sujet aux autorités compétentes, il assure également une médiation entre l’Administration et les citoyens et entre les ministères et l’Administration et joue le rôle  d’observateur en ce qui concerne le fonctionnement de l’administration publique ». Serez-vous capable d’accomplir ces missions ô combien capitales et difficiles dans ce pays stigmatisé ? Saurez-vous assurer toutes ces responsabilités ? Pourrez-vous faire des recommandations à vos anciens maîtres et surtout défendre la cause du petit burundais ?

Vous êtes une personnalité qui ne laisse pas indifférent sur la scène politique burundaise. A l’annonce de votre élection, une polémique est vite née. Certains ne sont pas contents quand les autres disent que vous êtes un grand serviteur.  Mais comprenez ! Le cauchemar qu’ont vécu les partis UPRONA, FRODEBU et FNL quand vous étiez ministre de l’Intérieur ne quittera jamais les mémoires des victimes. Pouvez-vous nous assurer que vous vous êtes remis en question ? Votre nom a été cité dans des actes de division, serez-vous vraiment capable de nous unir ? Serez-vous capable de trouver la solution à la crise burundaise ?

Vous pouvez changer…

J’estime qu’on doit vous laisser une chance même si nos inquiétudes sont fondées. Vous pouvez être la personne idéale qui apportera le salut à la société burundaise. S’il y a ceux qui voient votre main dans l’histoire de la crise burundaise, le temps est venu pour vous de prouver le contraire et de vous blanchir.

Bonne chance, cher honorable ombudsman ;

On vous jugera à vos actes.

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Les commentaires récents (1)

  1. EN effet bonne chance ! Mais la manœuvre est limitée : issu du parti au pouvoir, situation socio-économique compliquée sans parler du reste. Je me demande comment ils arrivent à accepter ces missions impossibles !

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