Photo d'illustration: ©Yaga
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Histoire du Burundi : enquêter ou oublier ?

Faut-il vraiment chercher à savoir ce qui s’est passé lors des périodes sombres de notre histoire, ou faut-il laisser tomber et avancer ? Quinze blogueur ont tenté de répondre à ce dilemme. Le point avec la blogueuse Dacia Munezero.

Astronautes, archéologues, proches des victimes disparus, tous cherchent au travers de « Nostalgie de la lumière », le film de Patricio Guzman, à comprendre le passé tragique du Chili pendant la dictature du terrible Pinochet.

Une production et une expérience, à laquelle ont pu assister 15 blogueurs du collectif Yaga pour tenter de démêler l’histoire du Burundi. Sous le thème «  A la recherche de la vérité », les blogueurs se sont plus concentrés sur la partie « recherche des morts et des disparus ».   

Pendant les commentaires, la grande majorité d’entre ont été marqués par les récits des familles de victimes qui recherchaient les leurs depuis plus de 20 ans. Le film semblait faire un parallèle avec les assassinats et les disparitions  que Burundi a connus et connait encore aujourd’hui. Faut-il continuer à chercher la vérité sur nos proches, morts ou disparus, ou faut-il laisser tomber, oublier et avancer ?

Les réponses divergent. Pour le blogueur Ezéchiel, la mort est un passage obligé. Elle est naturelle. Et dans ce cas-là, il faut laisser passer et continuer à vivre sa vie. Prince partage également cet avis, il pense qu’on ne peut pas continuer à regarder en arrière et prétendre avancer. Le mieux, dit-il, est d’oublier.

  1. Deux sons de cloche donc car pour Yves Irakoze, les gens n’oublient pas par coup de baguette magique ou par un décret : « S’il n’y a aucune prise en charge psychologique, les gens continueront à transmettre la douleur et la haine aux générations futures  ». Idriss Muhoza prend  l’exemple de la disparition du journaliste Jean Bigirimana : « comment sa femme et ses enfants pourront-ils oublier et avancer sans savoir ce qui est arrivé au père de la famille ? »

Et le rôle de la CVR ?

« Est-ce-que la Commission vérité réconciliation pourra un jour faire éclater la vérité et réconcilier les Burundais ? ». Les blogueurs sont sceptiques. Selon eux, « cette commission aura du mal à démontrer ce qui s’est vraiment passé et pointer du doigt ceux qui ont commis des crimes. Dans certains cas, ça touche les « puissants », qui ont le pouvoir ». Par contre, alertent ces mêmes blogueurs, cette démarche risquerait de pousser plus à la vengeance qu’à la réconciliation.

Les blogueurs voient dans l’éducation et le développement des voies de sortie pour arrêter ce cycle de violence dans lequel le Burundi est empêtré depuis des années. « Un peuple instruit et développé est difficilement à manipulable », justifient-ils.

Les Burundais voudraient pouvoir faire leur deuil une fois pour toutes.  

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Les commentaires récents (1)

  1. Il faut tout de même comprendre comment et pourquoi on en arrive là et d’une façon cyclique. Puis les commanditaires doivent être dénoncés, jugés équitablement pour pouvoir avancer. On ne peut pas avancer quand on croise presque tous les jours celui qui a tué. On pourra tourner la page après mais si nous élisons des leaders qui nous donnent des perspectives économiques et sociales viables. La pauvreté et la non instruction font croire aux mirages.

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