Photo d'illustration: ©Yaga
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Pour que la journée dédiée aux anciens combattants ne soit pas un retour à la case départ

Ce 19 novembre, le parti Cndd-Fdd a célébré la journée dédiée aux anciens combattants. Mais cette journée de commémoration semble diviser les Burundais. Le  blogueur Spageon Ngabo s’interroge sur le sens même des activités ayant émaillé cette célébration.

Les commémorations dédiées aux anciens combattants ne sont pas spécifiques au Burundi. Aux Etats-Unis, le « Veterans Day » est célébrée chaque année le 11 novembre. Pour donner un sens à cette journée, les Américains ont érigé un monument qui symbolise « tous les Américains qui firent don de leur vie dans toutes les guerres». Le  11 novembre est un jour férié.

Mais au Burundi, les choses ne sont pas pareilles. La célébration de la journée dédiée aux combattants reste l’apanage du PARTI Cndd-Fdd,  malgré tous les beaux discours qu’on nous sert. Mais les membres du Cndd-Fdd sont-ils les seuls à s’être battus pour la démocratie ? La réponse est bien évidemment non. D’une façon ou d’une autre, presque tous les Burundais se sont battus pour la démocratie. Celui qui n’a pas pris une arme a contribué à son achat, et celui qui n’a pas ravitaillé directement les combattants les a nourris sur leur passage. Cette journée devrait donc être célébrée par tous.

Une célébration qui prête à confusion

La lutte armée pour la démocratie a pris fin il y a une décennie. Alors, pourquoi des parades militaires s’observent encore pendant la célébration ? D’autant plus que ces parades sont réservées uniquement aux démobilisés ayant combattu du côté du Cndd-Fdd. C’est une ruse pour réalimenter la ferveur du combat, au lieu de renforcer l’esprit des anciens combattants désormais réintégrés dans la vie sociale. Ces démobilisés devraient plutôt se saisir de cette occasion pour exposer ce qu’ils sont devenus à la sortie du maquis, montrer les résultats positifs de la réinsertion sociale.

Le Cndd-Fdd, en célébrant seul cette journée dans le souci de s’approprier la lutte pour la démocratie, s’égare et déforme la réalité. Cet ex-mouvement rebelle a certes repris le flambeau légué par le président Melchior Ndadaye, héros de la démocratie, mais il ne faut pas oublier que le mouvement Fdd s’est fondé sur l’idéologie du Frodebu.

La journée de commémoration, telle que conçue actuellement par le Cndd-Fdd, ne donne aucune place ni à Ndadaye, ni à ces Burundais morts avant 1994 qui soutenaient le combat de feu Melchior Ndadaye.

Finissons-en avec les calculs des politiciens

Je suis convaincu que les honneurs et les hommages devraient aller à ceux tous qui ont fait le sacrifice suprême pour la Nation. Outre ceux qui se sont battus pour la démocratie, il y en a aussi qui se sont donnés pour l’indépendance. Ils devraient avoir aussi une place dans la journée dédiée aux anciens combattants, si bien sûr nous accordons autant de valeur à l’indépendance qu’à la démocratie.

Les Burundais ne devraient pas faire marche arrière, mais bien aller de l’avant. Ainsi, ce qui devrait être présenté lors des festivités, ce sont les œuvres témoignant des changements positifs que nous avons été capables de mettre en œuvre et non une démonstration des douloureuses expériences que nous avons connues.   

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Les commentaires récents (2)

  1. Il me semble que, à mois que vous ne visiez pas un autre but, vous devriez écrire à l’AN pour revoir les procédures de cette celebration. Nous, en tant que lecteurs, vous ne savez pas si nous soutenons votre opinion ou non. Si l’AN sera favorable à votre demande, nous nous rangerons de son coté. Merci pour votre opinion.

    1. Monsieur Félix Muhire, pour votre information, cette journée n’est pas reconnue par la loi Burundaise. Donc, l’AN n’a peut être pas grand chose à y dire.
      Alors, rien ne servirait de la saisir; par ailleurs, pourquoi me poussez-vous à la saisir? Je n’ai rien contre la journée en soi, mais la façon dont elle célébrée et le concept que ceux qui se disent la célébrer lui donnent.

      Enfin, nul n’est obligé d’avoir forcément la même opinion que moi. Sauf si vous n’avez aucun argument à la vôtre, là vous devez suivre celle des autres. De toutes façons, vous devez vous ranger dérière une certaine opinion.

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