Bujumbura sous toutes les coutures
Photo d'illustration : vue panoramique de Bujumbura
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Bujumbura sous toutes les coutures

Bujumbura la prude, Bujumbura la belle, Bujumbura la furtive: certains écrits avaient déjà essayé de décrire la capitale burundaise, mais peu l’avaient fait comme le blogueur Ivan-Corneille MAGAGI, qui nous dresse le portrait aigre-doux d’une ville de tous les paradoxes.

Bienvenue à Bujumbura, la capitale du Burundi, une ville qui n’a aucun feu de signalisation routier. Un journaliste-écrivain local a d’ailleurs ironiquement dit qu’au Burundi, il semble exister deux codes de la route : l’officiel, et celui des véhicules de transport en commun. Quant à celui des véhicules des autorités, il n’existe simplement pas.

Bujumbura est l’une de ces villes où les agents de police peuvent être aussi armés qu’un militaire en temps de guerre, avec des armes d’assaut, d’équipe, des explosifs… On pourrait en être autant rassuré que terrifié. En plein centre-ville, voir un agent passer à tabac un marchand ambulant – éventuellement une femme – n’aurait rien d’inhabituel. Dans tous les cas, vaut mieux  éviter les embrouilles avec les agents de l’ordre public.

La tête dans les nuages, le diable dans la poche

Dans un pays où la bière a historiquement une valeur sociale incontournable, les bars ont fait une parfaite récupération de la chose en milieux urbains : un homme qui ne s’y rend pas le soir, en dehors des heures de travail, est un animal très rare. Le plat qui est le plus préparé dans les bars : la brochette de viande rôtie « nyama-choma », objet d’un festival local d’ailleurs. À Buja, face à une rencontre virile et avinée, les finances familiales ne font pas le poids.

Bien sûr, on ne pourrait parler de Bujumbura sans évoquer le lac Tanganyika, de moins en moins généreux en terme de production de poissons, mais de plus en plus prolifique – là on parle de croissance exponentielle – en terme de bars, restaurants et hôtels qui longent sa plage. On en a pour son argent ! Méfiez-vous quand même, une bonne partie des Bujumburiens  n’y a jamais pris une brochette, ou même une bière, du fait des prix prohibitifs.

Les Bujumburiens adoptent de plus en plus un mode de vie occidental, ce qui laisse apparaître beaucoup de nouveautés imaginables il y a peu (bikini beach party), qui vont de l’accoutrement aux habitudes alimentaires en passant par les opportunités d’affaire et de travail. S’il est hélas une manie qu’ils perdent de plus en plus, c’est l’habitude de rentrer tard, tantôt pour des raisons de sécurité, tantôt suite à une voirie très peu dense  et dont la cartographie générale ne semble pas avoir trop évolué depuis vingt ans. Le matin par exemple, partant des quartiers sud de la capitale pour se rendre au nord, il faudra se lever tôt, au risque de passer plus de 45 minutes sur la route, pour un trajet de 10-12 km.

La ville de tous les paradoxes

Depuis un bon moment, si à Bujumbura tu entends parler d’une marche manifestation, il y a une forte probabilité que celle-ci soit organisée pour une cause favorable au gouvernement, ou soit dirigée contre une institution internationale ou un pays étranger, ou alors les deux.

Le délestage électrique est à Bujumbura si sérieux que même les structures publiques et hospitalières ne sont pas épargnées. Elles sont obligées de s’arranger elles-mêmes.

Mais en comparaison à d’autres villes du monde, Bujumbura pourrait se vanter d’être parmi les moins chères : en guise d’exemple, on peut avoir 30 GB de connexion internet 3G à moins de 4000 Fbu, soient 1.5$. Mais cela reste un point de vue discutable suite aux revenus modestes de ses habitants en général, la dévaluation de la monnaie nationale, et l’inflation galopante.

Bujumbura, c’est un peu tout ça, mais pas que ça, car elle reste inconnue et imprévisible même  pour ses ressortissants.  Demandez à ceux qui avaient voyagé avant 2015, et qui rentrent en pensant parfois se tromper de ville.

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Les commentaires récents (3)

  1. Joli portrait de notre capitale de toutes les couleurs mais en passant,les habitants de Bujumbura se nomment les « bujumburais » pas les « bujumburiens »

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