Au Burundi, voyager est un crime
Forces de l'ordre à Bubanza
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Au Burundi, voyager est un crime

Au pays du Tambour, le Burundi, il est préférable de ne pas quitter le territoire si on souhaite revenir . C’est le constat du blogueur Moise qui fait souvent la navette entre le Burundi, le Rwanda et la RDC.

Oui, voyager est presque un crime dans notre pays. Je me rends de temps en temps en République Démocratique du Congo pour des raisons professionnelles, en passant par la frontière burundo-rwandaise, dans la province de Cibitoke, au nord du Burundi. Dès votre rentrée au Burundi, vous êtes d’abord accueilli par les agents de la police des frontières qui vous posent des questions devenues habituelles: « D’où venez-vous ?, Vous y étiez pour quel but ? Où habitez-vous au Burundi ? Que faites-vous dans la vie ? Quel est votre numéro de téléphone ? »

« Le passeport n’est plus une fierté nationale »

Tout cela paraît normal et logique jusqu’au jour où, très tôt le matin, tout un bataillon de policiers armés de mitrailleuses et de lance-roquettes, vient toquer à votre porte pour vous demander de tout sortir de votre paisible demeure.

Après avoir demandé le fameux cahier de ménage (dans lequel sont repris les noms de tous les occupants de la maison), ils font l’appel, et le concerné répond en exhibant sa carte d’identité, passeport ou laissez-passer. Malheur au passeport ou laissez-passer ayant plusieurs sceaux « entrées-sorties », ce qui est malheureusement mon cas. C’est là que vous comprenez  qu’au Burundi, voyager équivaut à une atteinte à la sûreté de l’État.

« Qui êtes-vous ? Que faites-vous dans la vie ? Qui est ton père ? Ta mère ? Où sont-ils et qu’est-ce qu’ils font dans la vie ?» : telles sont les questions auxquelles j’ai dû répondre.  Parmi les cachets sur mon laisser-passer, il y en avait un, « très compromettant ». Celui du Rwanda.  J’ai failli être arrêté. Il m’a fallu expliquer dans les moindres détails les raison de ce voyage. Ce n’était pas facile.

Et ma mésaventure est loin d’être un cas isolé. Ils y en a ceux qui croupissent derrière les barreaux pour la grande faute d’avoir foulé le sol rwandais.

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Les commentaires récents (3)

  1. C’est la triste réalité. C’était le 4-10-2016, à la barrière située Iwabo w’Abantu, on nous a demandé des pièces d’identité. Une fille qui a montré son laissez-passer s’est vu se faire descendre du bus Volcano en provenance de Gitega.

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