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Encore combien de morts avant de comprendre ?

L’histoire récente du Burundi est marquée par le sang. Pour le blogueur Landry Burundi, l’important n’est pas de savoir qui a le plus souffert mais de retenir les leçons du passé. Le fond de sa pensée est très clair : « on a assez souffert ! ».

« Qui est enterré là ? », me demande une femme dans la trentaine assise juste à mes côtés. Je suis étonné de la question, intérieurement je me demande : « Elle veut juste entendre ce que je réponds ou quoi ? ».

Alors que nous nous éloignons de ce monument à la mémoire du héros- plutôt des  héros- de la démocratie, je lui dis : « Là, ont été inhumés le président Ndadaye Melchior et certains de ses proches collaborateurs ». Tout en réfléchissant à sa question, je me rends compte que ma réponse est incomplète. Un citoyen inconnu, lui aussi héros de la démocratie, est enterré à cet endroit.

Inhumer un Burundais lambda – une victime anonyme qui symbolise les milliers d’âmes qui ont été tuées à partir du 21 octobre 1993 – est une sorte d’hommage rendu à toutes ces morts. C’est aussi un message envoyé aux générations futures. « Le Burundi a connu assez de martyrs ».

Connaissant un peu mes compatriotes, sans doute certains parmi vous se demandent : « A quels martyrs fait-il référence ? » ou « mais au fait, quelle était l’ethnie de cet homme qu’ils ont enterré ici ? »

Cette tombe en l’honneur des victimes de 1993 a été trop vite fermée vu le nombre  de victimes qui ont été et sont encore faites jusqu’aujourd’hui. En plus de ce monument et des autres, érigés dans tout le pays, en mémoire des morts de telle date ou telle autre, victimes faites par tel bourreau ou tel autre, combien faudra-t-il en construire encore avant que leur message soit compris ? Encore de Burundais lambda ?

Cercle vicieux

J’avais espoir que la nouvelle génération soit celle qui brise ce cercle vicieux, mais les échanges auxquels j’ai assisté ce 21 octobre sur Twitter et autres réseaux  sociaux m’ont dépité.

Des jeunes essayaient de faire comprendre aux internautes qu’ils avaient plus souffert que les autres. Qu’il n’y avait pas eu pire massacre que celui connu par leurs proches. Que c’était leur ethnie, leur famille qui avait été victime d’un génocide.

Mais qui es-tu pour juger la douleur de l’autre comme étant moindre que la tienne ?

Quelqu’un terminait une discussion par ces mots : « La crise de 2015 n’aura eu d’autre importance dans l’Histoire que la transmission de la haine à la génération 90, qui aurait dû être le socle d’un Burundi nouveau ».

Je ne puis terminer sur une note négative. « Il incombe à chaque génération la responsabilité de choisir ce que l’Histoire retiendra d’elle ! »

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