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Même à Berlin, le mur burundais ne veut pas tomber !

Excédé, déçu, révolté. Voilà les adjectifs qui pourraient qualifier les sentiments du blogueur Oscar Irakoze (pseudo) envers la classe politique burundaise. La goutte qui a fait déborder le vase, le récent fiasco du forum censé réunir les jeunes de tous bords à Berlin.

Chère communauté internationale, régionale, mondiale voire universelle, comprenez-vous les Burundais ?  Les mots peuvent trahir ma colère en ce moment. Il ne s’agit pas ici de donner une leçon de morale à qui que ce soit mais lancer des piques à certains apaiseraient ma colère. Ce qui s’est passé à Berlin ne pouvait rester à Berlin. Comment peut-on envisager l’avenir d’un pays quand même des jeunes ne peuvent pas s’asseoir ensemble pour discuter ? Après ce constat, il faut avouer que l’avenir du pays est loin d’être rassurant. Cela vous rappellera aussi les caprices du gouvernement à Arusha II. Sur qui faudrait-il compter désormais ?

Chers amis du Burundi, vous avez du pain sur la planche. Comme à Arusha, il vous sera difficile de comprendre ces Burundais politisés jusqu’à la moelle des os. Avec le temps vous y arriverez probablement. Avec quelle argile Dieu a-t-il créé ces Burundais ? Ils ne ressemblent pas au commun des mortels. Ils n’ont pas été sculptés avec la même matière que les autres. J’exagère, peut-être…

Je ne pourrais pas me taire face à certains comportements. Les Burundais, ce peuple difficilement administrable et qui parfois ne sait pas ce qu’il veut, vous donnera du fil à retordre. Je sais qu’il n’est pas bon de s’exprimer sous l’effet de la colère. Je m’en préserve souvent, mais là, écrire me permet de l’adoucir et d’exprimer mon exaspération. Appartenir à une nation où bêtise, honte, humiliation convergent si souvent, est un lourd fardeau à porter. Alors il faut battre le fer tant qu’il est chaud. L’honnêteté intellectuelle voudrait que je relativise mes propos. Je vais essayer, mais je ne promets rien.

Ceux qui prétendent diriger en notre nom et ceux qui visent à nous représenter sont complètement éloignés du peuple. Pour eux, le Burundi est un fonds de commerce. Cette population qu’ils veulent s’approprier les observe. Ils sont conscients qu’elle est mûre, patiente mais ils spéculent. Pendant qu’elle réfléchit, ils pensent qu’elle s’endort. Pourtant, elle sait ce qu’elle désire. Elle sait où elle veut aller. Mais elle est silencieuse. Savent-ils qu’il faut toujours se méfier des eaux paisibles ? A pas de tortue elle avance. Le temps est son meilleur allié, il l’aide à les jauger et à les user. Ils savent qu’ils disparaîtront. Elle restera indemne et récupèrera « sa chose ». Elle voit tout. Elle accueille toutes les circonstances malheureuses avec un pincement au cœur. Ces hommes ne reflètent pas ses aspirations. Elle n’est pas aveugle. Elle discute, comprend et écoute même si elle n’est pas d’accord.

Chers tous, Berlin vous aura certainement permis de comprendre la « logique illogique » de « nos leaders ». Finalement, cette ville, Berlin, qui a su se réconcilier avec son passé douloureux semble incapable d’abriter deux frères en « guerre » au Burundi. Berlin n’est pas la seule. Vous avez certainement parcouru l’histoire récente du pays. Vous l’avez remarqué à Arusha I et II. Ils ne savent pas ce qu’ils veulent sans pour autant être ignorants. Ils sont conscients de leurs choix.

Sachez-le bien. Quand vous viendrez saluer le Burundais sur sa colline ou dans son quartier, il vous sourira, vous accueillera mais il ne manquera pas, d’un geste, d’une parole arrachée du bout de ses lèvres de vous dire ce qu’il pense de vous. Il ne vous fuira pas. Il regardera dans les yeux son ennemi, son voleur et il lui dira : « Tu n’as aucune humanité.» Il ne fléchira jamais devant qui que ce soit, devant quoi que ce soit. Car même en position de faiblesse, il a son arme : le temps. Et ce dernier vous usera.

Personnellement, il m’est difficile de concevoir les agissements de certains politiques. Que veulent-ils finalement ? Pour quels intérêts du peuple peuvent-ils agir de la sorte ? Souhaitent-ils que nous végétions dans une peur constante ? Que nous fuyions tous, que nous croupissions éternellement dans la misère ? Qu’ils profitent de notre silence, qu’ils amassent amitiés, argents, influences en notre nom ?

Comprennent-ils encore au moins ce qu’ils appellent « leurs combats » ?  Leurs égos surdimensionnés ont éclipsé l’honneur. Ils se voient plus grands que le peuple parce qu’ils peuvent voyager, et rencontrer « le monde ». Ils témoigneront en notre nom parce qu’ils savent parler, écrire, crier, mener des campagnes… Ils diront qu’ils compatissent à nos malheurs et qu’ils le font pour notre bien mais ils s‘en foutent tant qu’ils peuvent toujours faire les « unes » des médias. Ils ne s’intéressent qu’à leur personne. Mais nous ne fléchirons jamais car ce qui nous unit est plus fort que leurs égos. Ce qui nous unit résiste aux saisons, aux « ikiza* ». Nous  avons un allié indomptable et incorruptible : le temps.

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Les commentaires récents (5)

  1. Vous ne pourrez jamais saisir le fond de l’âme rundi tant que vous la fuyez, tant que vous vous éloignez d’elle. Arrêtez de comparer le murundi à qui que ce soit d’autre.

  2. Mon commentaire est court est simple et je m’adresse à la jeunesse toujours victimes de manipulations et instrumantalisations politiciennes ! S’ils ne se réveillent pas et fixent l’horizon qui est devant eux qu’est leur avenir commun la paix et le développement ne sont pas pour demain! Mes chers soeurs et frères jeunes soyons conscients et mettons l’intérêt commun devant! Imana yakuduhaye ikudutungire Burundi

  3. Pourquoi les jeunes acceptent que l’avenir de notre nation continue à être discuter par ceux qui ont causé les problèmes que nous vivons, Arusha I et II est teinté des mm visages, ceux que certains appellent les vieux loups et d’autres les vieux démons. En plus, Cet événement de Berlin a laissé en moi un sentiment de désespoir pour certains points:
    1) dans la mesure où les jeunes sont sortis de la salle pour le simple fait qu’au programme figurait l’intervention d’un individu qu’ils ne voulaient pas entendre car selon leurs dires il est le « porte-voix du pouvoir en place à Buja ». Cette jeunesse devraient rester pour le contredire sur place s’il advenait qu’il fasse de déclarations contraire à leur version des faits, pourtant il a parlé en leur absence et sa version a été retenue par les participants. Ils ont raté une occasion de faire entendre la voix et les aspirations de la jeunesse, différente de celle incarnée par les vieux démons d’Arusha I et II où la voix de la jeunesse est quasi-absente aux mains libres, non-enchainées par les atrocités du passé. Je me demande pourquoi, Pacifique NININAHAZWE a félicité ces jeunes de leur acte de boycott alors qu’au cours de la récente session du Burundidialogue à Arusha, il se battait bec et ongles pour qu’on le laisse rester dans la salle où il y’avait les 2 Nyamitwe, Coprenez bien 2 pas un seul. A mon humble avis, je ne dirais pas que ça a été un acte de manipulation de ces jeunes dits « Sindumuja » de Berlin mais plutot, les ainés n’ont pas cru en la maturité de ces jeunes pour pouvoir tenir débouts et exprimer leur vision des faits devant le Nyamitwe habitué à ce genre de rencontres. ooooh combien vous nous infantilisez pour l’éternité nos chers grands frères.
    2) l’appellation « Les jeunes Imbonerakure » versus « Les jeunes Sindumuja », à en croire à la signification du mot Sindumuja, mon interrogation a été celle-ci: les jeunes Imbonerakure sont-ils Abaja? Eux aussi l’acceptent-ils par cette distinction? Memes ces jeunes Imbonerakure, à voir leurs tweets, ils osent faire cette distinction « Imbonerakure » et « Sindumuja » qui les met en position déplorable.
    En plus de cet événement, deux questions me viennent souvent à l’esprit:
    1) Si le parti au pouvoir aurait eu l’occasion de connaitre ce qui va se passer dans le pays, perte en vies humaines et matérielles, relations diplomatiques, aurait-il accepter d’octroyer un autre mandat à SE Président Pierre N?
    2) Si Pacifique NININAHAZWE et autres auraient eu l’occasion de connaitre ce qui va se passer dans le pays, pertes en vie humaines et matérielles, auraient-ils appelé les jeunes à manifester?
    Je donne procuration à celui qui pourra parvenir à poser pour moi ces questions à ceux qui peuvent y répondre. Merci

    1. ewee rukundo sha uratwenza, mbe we uhagaze he? uri imbones canke sindumuja? …sinon aba hypocrites bose biyita ngo naba « neutres » manda twarayanse tukiriko, kandi si Pacifique yadusanze muhira ngo caha mw’ibarabara…. namba harikindi mupfa si gusa!! iyaba Pacifique ariwe yatanga amategeko wenyene hoho na Adolphe aba akiriho… manifestation yatwarirwa henshi sha nimba utarubizi, ivyakurikiye navyo biramurengeye caneeee

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