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Le Burundi dans 50 ans, avec sept capitales

Inspiré par l’ouvrage de Francis Rohero connu comme l’initiateur du mouvement orange, le blogueur Jean-Marie Ntahimpera projette le Burundi sur 50 ans à venir. Une vision plutôt optimiste, sous plusieurs conditions.

Les Burundais seraient aujourd’hui 11,2 millions, d’après l’ISTEEBU. 80% vivraient dans les campagnes, 12% dans les villes, 7% à Bujumbura. Et si le taux de natalité continue au même rythme, prévient l’ISTEEBU, la population burundaise sera de 20 millions en 2050.

Ça saute aux yeux : le degré d’urbanisation du Burundi est encore très bas. Ceci signifie que le Burundi est encore très loin de sortir de sa pauvreté. L’un des signes qu’un pays est sur la bonne voie du développement est que la majorité de ses citoyens vivent dans les villes.

Dans son livre intitulé Programme d’un Burundi prospère, ambitieux et paisible, publié en 2015, Francis Rohero répond à ce souci d’urbanisation. Il propose un plan qui permettrait à la majorité des Burundais de vivre dans les villes dans 50 ans. Ce plan passerait, selon lui, par une nouvelle division administrative du Burundi :

« Le Burundi sera divisé en cinq provinces : le Nord (regroupant les provinces actuelles de Kayanza, Ngozi, Muyinga et Kirundo), le Sud (Bururi, Makamba et Rutana), l’Est (Ruyigi, Cankuzo et une partie de Karuzi), l’Ouest (Bujumbura, Bubanza, Cibitoke et Mairie de Bujumbura) et le Centre (Gitega, Muramvya, Mwaro et une partie de Karuzi) ».

12 millions de Burundais dans les grandes villes

Selon cette nouvelle délimitation, le Burundi aurait deux capitales nationales et chaque province aurait une capitale. Ainsi, Bujumbura serait une capitale nationale économique, industrielle et commerciale, et Gitega capitale nationale politique et administrative. Chaque province aurait une capitale : « Ngozi capitale province du Nord, Makamba capitale province du Sud, Ruyigi capitale province de l’Est, Bubanza capitale province de l’Ouest et Mwaro capitale province du Centre ».

Les villes comme Cibitoke (Rugombo), Kayanza, Muyinga, Kirundo, Cankuzo, Karuzi (Buhiga), Muramvya, Rutana, Bururi, Rumonge et Nyanza-Lac seraient aussi  des villes importantes. « Toutes ces villes auront le statut de Mairie », renchérit cet économiste de formation.

Ainsi les grandes villes comme Gitega, Bujumbura, Bubanza, Ngozi, Makamba et Rumonge pourraient aller jusqu’à un million d’habitants et les autres villes importantes autour de cinq cents mille. Les chefs lieux des communes, qui seraient des « cités bien organisées entre des plantations verdoyantes », abriteraient autour de 50 000 personnes.  « Naturellement, on aurait dans six grandes villes, six millions d’habitants, et six millions dans les douze autres villes importantes et un peu plus de cinq millions dans les communes », conclut l’auteur.

Des mesures d’accompagnement

Un tel projet est-il possible sans qu’il y ait des activités économiques et industrielles importantes capables d’attirer des millions de Burundais dans ces villes ? Il faut élaborer une succession de programmes sur 25 ans, eux-mêmes divisés en projets sur 5 ans. « Ce sont les résultats des époques successives qui produiraient une telle réalité. Le Burundi envisagerait une industrialisation qui viendrait comme solution dans le long terme, après avoir nourri et éduqué sa population, rassemblé une jeunesse consciente qui dans 15 voire 20 ans pourrait remorquer d’autres idées renforçant la vision», avance toujours Francis Rohero.

Reste à savoir si les leaders d’aujourd’hui, ou de demain, ont la capacité de mettre en œuvre un tel projet. Rêver et planifier est une chose, mettre en application en est une autre.

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Les commentaires récents (3)

  1. « L’un des signes qu’un pays est sur la bonne voie du développement est que la majorité de ses citoyens vivent dans les villes » …vivent et travaillent faut-il ajouter. Cela signifie qu’ils ont un niveau de vie supérieur à celui des campagnes et peuvent consommer leurs produits. Les villes s’inscrivent en général dans l’économie moderne. Mais attention, le développement urbain va de paire avec le gestion urbaine ce qui implique des villes organisés, assainies,…
    Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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