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Réécrivons nos histoires

Plus d’une année que nous traversons une profonde crise socio-politique, sans pour autant voir le bout du tunnel. Dans la douleur d’avoir perdu des êtres chers, la contributrice Stella Keza lance un cri du cœur à chacun de nous, un appel à retrouver notre humanité.

Hier, encore nous étions en deuil, en train de pleurer la disparition d’un vieil ami, un ami d’enfance.

Il y a un an, la nouvelle de sa mort m’avait complètement bouleversée et détruite.
Je vivais dans le déni et l’incompréhension.
Je ne croyais plus un mot sortant de la bouche d’un humain.

J’étais en colère, je détruisais tout autour de moi, je criais dans le miroir du désespoir, songeant à ce qui pouvait ramener mon ami à la vie.
Mais il n’y avait rien à faire, tout était fini pour lui. Il est mort si jeune avec tous ses projets et ses espoirs.

Les mauvais tourments frappaient et réduisaient à néant notre pays.
La tristesse pouvait se lire sur ma terre natale qui perdait sans relâche les êtres chers et chéris.

Le froid de la mort et des larmes s’était emparé des ruelles de certains quartiers.
En douceur, les lumières de nos rêves s’éteignaient une à une, quand d’autres grésillaient sur les lampadaires des trottoirs de nos désirs sans espoir.

Mes yeux ne faisaient que regarder ces scènes vécues, attendant une main salvatrice, encore et encore.

Mentalement fragile, je ne faisais que penser, sans arrêt.
J’aurais aimé en finir avec ces désolations, ces idées noires et ces mésententes.
Toutes ces fugues, tout ce mal-être, toutes ces morts, tous ces cernes sont de trop.

Comment réussir à jouer la comédie quand on se sent creux à l’intérieur ?

Je suis déçue du monde et de mon pays.
Je suis à bout, dépitée par tous ceux qui nous regardent nous massacrer en restant les bras croisés.


Je suis déchirée d’avoir été touchée par ces malheurs et de ne pas pouvoir trouver la solution adéquate pour y remédier.

Que devrions-nous faire pour améliorer nos conditions ?

Il faut se lever et sortir nos mains de nos poches, prendre nos forces à deux mains puis aller militer contre la discrimination, les idées floues, les peurs, les massacres, les souffrances, les épidémies délirantes de haine qui nous enferment hors de notre humanité.

Parlons-nous pour oublier nos différences, cherchons à avancer ensemble, unis.
Apprenons à compter les uns sur les autres. Ce serait une victoire.

Évitons de trouver dans le mal ou dans la guerre, fierté ou honneur.

Ceci sonne comme une utopie. Mais beaucoup de ceux qui ont rejoint l’au-delà durant cette année partageaient ce rêve,

 

J’écris donc tout cela en l’honneur de ceux qui nous ont quittés.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. « l faut se lever et sortir nos mains de nos poches, prendre nos forces à deux mains puis aller militer contre la discrimination, les idées floues, les peurs, les massacres, les souffrances, les épidémies délirantes de haine qui nous enferment hors de notre humanité. »
    Se lever et réclamer justice. L’impunité installée depuis 1965 hypothèque notre présent et notre avenir.
    Se lever et réclamer justice pour qu’aucun groupe ne soit assassiné pour des crimes commis en 1972 alors que la majorité des membres n’étaient même pas encore nés !
    Se lever et réclamer justice pour que la loi ne soit pas celle du plus fort.
    Se lever et réclamer justice kugira ubuntu bugaruke mu mitima yacu.

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