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Radiation de cinq Asbl: tous les chemins ne mènent plus à Rome

Ce 19 octobre, le ministère ayant en charge les affaires intérieures burundaises a sorti  une ordonnance portant radiation de cinq associations locales sans but lucratif, qui se sont illustrées dans la lutte contre le « troisième  mandat ». Pour le blogueur Spageon Ngabo, une telle mesure n’œuvre pas pour la résolution de la crise que nous traversons.

Personnellement, je considère la mesure de radiation des cinq Asbl comme l’une des actions visant éteindre toute voix discordante. D’un autre côté, ce n’est pas en retirant à ces organisations leurs autorisations d’œuvrer dans la légalité qu’elles vont pour autant se dissoudre. Puisque quand la légalité est abusée ou dévalorisée, seule la légitimité reste d’usage, me dis-je.

Je pense aussi que ce n’est pas en augmentant la répression que les antagonistes seront annihilés. Alors, au lieu de maintenir le bras de fer, il faudrait ouvrir les portes, se rapprocher et dialoguer.

J’accuse

Dans la continuité de la crise qui secoue le Burundi, il me semble que le combat a migré sur le terrain de la communauté internationale. L’opposition veut une fermeture des robinets pour asphyxier le pouvoir de Bujumbura. Les diverses résolutions sur le Burundi, les sanctions à l’encontre de certaines autorités de Bujumbura, la prolongation des mesures de l’Union Européenne de suspendre la coopération via l’accord de Cotonou,… toutes ces actions sont saluées chaleureusement par l’opposition.

En revanche, le pouvoir fait feu des quatre pieds pour faire entendre un autre son de cloche, et pour barrer le chemin à toute voix dissonante ou regard critique. C’est ainsi que se multiplient des manifestations pour dénoncer l’injustice de la communauté internationale, des descentes dans la diaspora burundaise pour la faire changer d’idée sur le Burundi, et surtout,des sanctions pour faire taire toute voix susceptible d’émettre une lecture différente à celle prêchée par Bujumbura. En témoignent la récente déclaration « persona non grata» à l’endroit de trois experts onusiens et la suspension de coopération avec l’office du haut-commissaire des nations unies aux droits de l’Homme.

Ce qui est aberrant, c’est cette façon dont certaines actions du pouvoir paraissent absurdes ou comme des aveux de culpabilité. En effet, je ne suis pas le seul à avoir perçu le désir de retrait de la CPI comme un aveu de culpabilité de la part du régime. Aussi récemment, je disais qu’on ne contredisait  pas un rapport d’expert avec une manifestation.

Somme toute, dans ce jeu de ping-pong, la solution de la crise est délaissée, et cette voie de sortie n’est rien d’autre que le dialogue. Malheureusement, ce dernier ne sera  possible sans faire preuve de tolérance, d’acceptation de l’autre et concéder une certaine liberté aux voix discordantes.

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