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La politesse est un remède aux maux qui nous rongent

À voir les crises répétitives que nous traversons, on serait tenté de dire que notre société est très malade. Pourtant, comme le souligne le blogueur  Ivan Corneille Magagi, certaines valeurs ancestrales nous permettraient de nous en sortir. Entre autres, la politesse, valeur fondamentale qui pourrait être un remède à nos haines intestines.

Que suppose au fait la politesse? Elle est l’un des piliers de l’éducation burundaise. Elle veut qu’on fasse pour autrui ce qu’on voudrait qu’il fasse pour nous, ou inversement. Elle suppose saluer le parfait inconnu qui passe ou qui est assis à côté, sourire quand bien même il te plairait de te mettre dans tous tes états. Elle veut qu’on se lève et tende les deux mains quand on veut recevoir quelque chose ou quand on veut saluer quelqu’un, de même qu’on reste assis avant que tout le monde à table n’ait fini son repas. Elle suppose faire du bien aussi bien à un ami qu’à un inconnu, venir en aide aux personnes en détresse, ne pas opprimer le plus petit.

Qui sème le bien, récolte le bien, doublement

Un matin, une dame de l’âge de ma mère devant moi s’apprêtait à prendre le bus. Elle soulevait avec sa main droite un sac-plastique plein de provisions et peinait à entrer à l’intérieur du véhicule. Elle avait  sa main gauche pour seul appui, alors qu’elle portait déjà en bandoulière son sac à main sur l’épaule gauche. Instinctivement, sans dire le moindre mot, je lui proposai de l’aider avec ses deux sacs. Et quand elle faillit tomber en entamant  le marchepied, ses pieds pris dans sa longue jupe, je la rattrapai, la soulevai de toutes mes forces avant qu’elle n’ait atterri sur le pavé. Cela, je l’ai fait sans espérer une quelconque récompense.

J’aurais après tout voulu que quelqu’un fasse la même chose, si ça avait été ma maman, ma grand-mère ou ma sœur. Je m’étonnais donc et étais très gêné de lire sur le visage de la dame cette grande reconnaissance. À la sortie du bus, je fus ébahi : la bonne dame avait payé pour moi, sans m’en faire part. Jouer au Superman venait certes de me faire économiser les frais du bus, mais le sens, le signe, était plus fort : à semer la gentillesse – qui se trouve être un signe de politesse et d’éducation, on ne peut récolter que le bonheur.

La politesse comme base de l’éducation à la paix

À plus grande échelle, la politesse se trouve être la plus fondamentale des bases d’une éducation civique et d’une éducation à la paix. Elle nous apprend à respecter et à aimer l’autre, lui venir en aide en cas de besoin. C’est ainsi qu’on sert un peuple, une nation, un monde. Une telle valeur nous inculque la soumission au service du bien, elle nous apprend la dignité de l’homme. Si j’ai grandi en respectant les inconnus que je rencontrais dans la rue, si je n’ai tué aucune fourmi ou aucun crapaud, saurais-je tirer sur ou torturer la dame qui crie pitié, quand bien même je serais un porteur d’arme? Pourrais-je injustement condamner quelqu’un, voudrais-je opprimer un peuple, ou simplement je chercherais à mettre mon pouvoir au service des plus petits?

Loin de moi l’idée d’accuser qui que ce soit d’impolitesse. Je voudrais plutôt interpeller chacun à essayer de poser quotidiennement au moins un geste de politesse. Apprenons aux plus jeunes, pour le bien des générations futures, la politesse, et essayons d’apprendre des autres qui nous semblent être plus polis, car il n’est jamais tard, pour apprendre à devenir sage.

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Les commentaires récents (2)

  1. Bravo ! Réapprenons à être poli c’est vrai ! En fait cela revient à dire ko ari ukwubahiriza akazina ka muntu. Est-ce normal qu’un conducteur ne daigne pas relentir quand il voit un piéton sur la route et klaxonne comme un malade ? Est-ce normal qu’on appelle un garçon de café « Ewe sha nyaruka » pour commander la bière ou autre chose ? Aujourd’hui, nos comportements sont devenus agressifs ; cela engendre la violence. Puisons dans notre tradition les valeurs intrinsèques. Même le roi a compris ce que l’injustice pouvait être quand Samandari yamubwira ngo amurabire inyabutongo ziri kuziko. Yamwagirije ko zagabanutse kuko yaziriye. Ariko uwuzi inyabutongo arazi ko mugusha zigabanuka !
    Tutigarukiye bazozutiza agahoro ko gusambura.

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