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Quitter le Cnared : la meilleure décision que la société civile burundaise n’ait jamais prise

La lutte contre le troisième mandat a réuni la société civile et l’opposition burundaise. Un mariage qui n’a pas duré car la première a décidé de rompre l’alliance quelques mois après. Une très bonne décision d’après le blogueur Moise Bukuru.

C’est un secret de polichinelle. Durant les dix dernières années, l’opposition a brillé par son incompétence à assumer son rôle, se perdant dans le jeu de la dénonciation sans jamais proposer d’alternative, trahissant ses militants par des guerres intestines, échouant sur tous les plans à faire bloc devant un parti – le Cndd-Fdd – qui cherchait la moindre brèche pour en finir avec toute voix discordante. Parallèlement, on a assisté à une montée en puissance d’une société civile efficace, soudée, qui jouait pleinement le rôle de contre-pouvoir jusqu’à en payer du sang d’un de ses leaders avec le lâche assassinat d’Ernest Manirumva en 2009. Important de souligner que le vice-président de l’Olucome enquêtait sur une affaire trouble de vente d’armes impliquant certaines hautes autorités du pays. 

Et la lutte contre le troisième mandat arriva

Les chemins de l’opposition et de la société civile se sont enfin croisés. Mais quoi de plus normal ? La lutte était la même : barrer la route à Pierre Nkurunziza vers un troisième mandat. Pendant un temps, la société civile et les partis d’opposition se sont serrés les coudes pour faire barrage au régime de Bujumbura, allant jusqu’à se retrouver dans une même plateforme : Le Cnared. Que de déclarations faites ensembles, de stratégies élaborées en commun accord. Mais le mariage n’a pas duré.  Comme quoi s’opposer au troisième mandat ne suffisait pas pour tenter une moindre synchronisation entre les trous de caractère de l’opposition et l’efficacité de la société civile. Ainsi, chacun retourna dans sa caserne pour mener son combat. L’opposition fût rattrapée par la guerre des egos qui la ronge depuis des lustres, tandis que la société civile retrouva son unité.

Résultat

La société civile est sur tous les fronts dans la lutte contre l’impunité des crimes commis durant cette crise. Personne ne peut nier, de par leur travail de plaidoyer et de monitoring sur les cas de violation des droits de l’homme, leur rôle déterminant dans le vote des quelques résolutions, certaines plus contraignantes que d’autres, au sein des Nations Unies. Dieu seul sait jusqu’où cette machine déjà engrangée par New York mènera le régime de Bujumbura qui ne répond qu’en faisant l’autruche.

L’opposition, elle, se cherche, se contente de déclarations sans réelles actions, promet un retour triomphal sans aucune garantie, ravalant son échec à peser sur la balance pour amener le régime à dialoguer.

Et d’ailleurs, à quand le prochain rendez-vous d’Arusha II ? Pourquoi n’en parle-t-on plus ces derniers jours ? Peut-être qu’on a fini par se rendre compte que c’est une voie sans issue. Vous m’en direz des nouvelles !

 

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