Niyonkuru Félicité, étudiante et chef d’entreprise

Rien ne semble pouvoir endiguer le taux de chômage croissant chez les jeunes burundais malgré les politiques que le gouvernement veut mettre en place. Pourtant, au milieu de ce tableau sombre, certains jeunes semblent s’en sortir grâce à l’entrepreneuriat. C’est le cas de Félicité Niyonkuru, une jeune entrepreneuse que le blogueur Désiré Sezikeye a rencontrée.

Elle a 25 ans et fait des études à l’institut supérieur paramédical de Gitega.  En même temps, elle est chef de sa petite entreprise « Le bon avenir » qui œuvre à Gitega dans le secteur de la farine de manioc. Cette jeune femme pleine de vie s’est confiée à nous à propos de son business.

Quelle est l’activité  de votre entreprise ?

Mon entreprise a comme activité de transformer le manioc sec en farine. Après cette transformation, nous emballons notre produit dans des sacs de 25 kilos et de 50 kilos puis nous mettons des étiquettes sur ces sacs. Mais cela n’empêche pas que nous servons ceux qui demandent aussi des moindres quantités. Le nom de mon produit est« ifu y’akanovera » et coûte 650 fbu le kilo.

Comment avez-vous eu l’idée de créer votre propre entreprise ? Et  comment avez-vous aussi identifié le besoin dans votre société ?

L’idée de créer ma propre entreprise m’est venue quand je terminais mes études secondaires. Je voyais combien il était difficile de trouver un boulot dans notre pays et je me suis dis que je devais faire quelque chose. Quant au besoin, il a été très facile à identifier. Une analyse de la société burundaise m’a permis de voir que la farine de manioc est très prisée, mais pourtant j’ai constaté qu’il n’est pas très facile de trouver une farine de bonne qualité. Donc j’ai réfléchi au moyen de répondre à ce besoin.  

Avec quel montant avez-vous commencé votre entreprise ? D’où avez-vous tiré ce montant ?

Ce n’était pas une entreprise au départ parce que je travaillais seule. J’ai commencé  avec une somme de cent mille francs  burundais. Cette somme correspond aux économies que j’ai faites quand j’étais à l’école. A vrai dire, une somme de cent mille ne peut pas te permettre de démarrer une entreprise au Burundi. Mais mon activité a connu un succès qui a progressé jusqu’à ce qu’elle devienne une entreprise.

 

Vous êtes à  combien au sein de votre entreprise ?

Nous sommes cinq : le comptable, le chargé de la transformation et deux autres agents qui assurent la charge et la décharge. Puis moi, en tant que chef de l’entreprise.

Qui sont vos clients ?

Actuellement mes clients sont les habitants de Gitega mais j’envisage aussi de rencontrer les chefs des prisons et des établissements à régime d’internat pour leur parler de mon produit.

Si vous retirez toutes les charges, combien gagnez-vous comme bénéfice dans une année ?

Oh ! Ça, je ne peux pas vous le dire, c’est un secret.  Mais ce que je peux vous signaler, c’est que les résultats sont encourageants et la production ne cesse d’augmenter.

Que faites-vous du bénéfice réalisé ?

Lorsque je réalise un bénéfice, je le réinvestie dans l’achat des matériaux. Par exemple, j’ai acheté un moulin d’une valeur de deux millions de nos francs. Très important encore, c’est le bénéfice réalisé par mon entreprise qui finance mes études universitaires.

Quel conseil pouvez-vous donner à un jeune qui veut se lancer dans l’entrepreneuriat ?

Si vous avez une idée, n’hésitez pas à la concrétiser. Il ne faut pas avoir peur. Entreprendre ce n’est pas quelque chose qui demande une qualification. Moi par exemple, ce que je fais ça n’a rien avoir avec ce que j’ai étudié ou à ce que j’étudie maintenant.   

Que ce qui constitue les clés de succès pour vous ?
Faire la connaissance d’un grand nombre de personnes, se faire confiance et la bonne collaboration.

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Recent Comments ( 1 )

  1. Finie l’époque où tous les diplômés devenaient fonctionnaires !
    Chers instruits, devenez inventifs, créateurs,… et surtout créez autour de vous un climat de confiance et pas d’escroc : celui qui vous a prêté un sou, le lui rendre dans les délais convenus, payer les salaires dans les délais, différencier l’argent de l’entreprise du salaire du patron. Eviter les confusions. Sans climat de confiance mutuelle, votre affaire aura du mal à démarrer. Conseil : ouvrir un compte de l’entreprise dans une banque pour éviter des confusions avec le compte personnel. Il y aurait beaucoup à dire.

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