article comment count is: 1

Le journalisme sans déontologie a ruiné la profession

Reconnue comme le quatrième pouvoir face aux pouvoirs de l’Etat (exécutif, législatif et judiciaire), la presse et les médias jouent un rôle important dans la vie d’un pays. Quand, dans une société, se développe un journalisme professionnel, tout le monde en bénéficie. Mais quand la déontologie journalistique est bafouée, la presse agonise comme l’analyse le blogueur Ezéchiel Ndayizeye.

Il faut quand même se l’avouer. Le Burundi n’a pas encore la culture de la rigueur. Corriger, rectifier ou retirer l’erreur commise, ce n’est pas un « truc » burundais.  C’est ce qui transparait dans la mentalité « rundi » qui coiffe tout. « Ntawitwarira se yamenje ». « Nul ne traîne son père devant la justice malgré ses manquements ». Un proverbe burundais qui semble justifier le comportement de certains.

Chez nous, on a tout connu

En ce qui concerne la presse, je suis de ceux qui croient qu’elle est la pièce maîtresse de tout développement. Une information donnée peut construire ou détruire. J’ai été interpellé par les propos de l’un des professionnels des médias du Burundi.  Sa contribution dans la promotion de la liberté de la presse m’a poussé à prendre au sérieux son analyse. Il disait: « Il faut le reconnaître, tout n’est pas blanc. Certaines radios ont vraiment déconné. Elles ont manqué à leur mission. A un certain moment, je me demandais si ce qu’elles faisaient était du journalisme ou des recettes journalistiques faites pour être livrées selon la commande ». Je ne l’ai pas quitté des yeux quand il prononçait ces paroles. En disant cela, il était tellement mal à l’aise. Il se rappelait peut-être son investissement et ses efforts à travers les formations qu’il avait dirigées. Dans sa bouche, une question revenait tout le temps « Comment oser faire du n’importe quoi après plusieurs années d’expérience ? Comment… ? » et il se grattait sans cesse la tête. La seule chose que j’ai gardé de lui, ce sont des paroles qu’il nous a adressées humblement : « Vous m’avez vu, je suis déjà vieux, c’est à vous de prendre la relève et de tout changer ». En exil, il se demande s’il regagnera encore le bercail.

A force de l’écouter, je me suis rendu compte que, compte tenu du contexte dans lequel est en train d’évoluer notre pays, le journaliste se doit d’être irréprochable. La liberté de la presse ne doit pas justifier tous les dérapages. Que la presse soit mise au service du développement et non de l’anarchie.  A voir tout ce qui s’est passé dans mon pays, j’ai réalisé que « journalisme sans déontologie n’est que ruine de la presse ». Il nous faudra encore du temps, pour faire comprendre à nos chers journalistes que l’éloquence et les figures de style ne sont pas synonymes de « la liberté de la presse ».

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (1)

  1. Comment réagir à cet article. Peut-être en soulignant que sans la liberté de la presse, toute forme de déontologie est impossible. Que dans le contexte actuel au Burundi, la liberté d’expression n’existe plus, qu’il est donc difficile de parler de déontologie, cela n’enlève en rien au mérite de certains journalistes qui tentent vainement de continuer à travailler de manière professionnelle au péril même de leur existence. J’aimerais également clarifier un point, déontologie ne signifie nullement le respect d’une opinion formaté, la déontologie prends toute sa valeur dans la diversité d’opinion et le débat d’idées, ne pas partager l’opinion d’autrui, être en conflit, s’opposer à certaines idées, refuser certains faits,.. Sont le terre là plus fertile ou la déontologie peut se développer dans les meilleurs conditions.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.