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Un Burundais à Paris, ou vive la solidarité africaine

Il y a de ces aventures que nous Africains oublions ou omettons de dire sur nos voyages en Occident, surtout lorsque c’est la première fois. De l’excitation au dépaysement, en passant par l’appréhension de l’inconnu, le blogueur Junior a eu son baptême de feu de la société occidentale seul, perdu dans un monde qui ne ressemblait en rien à celui qu’il venait de quitter. Mais heureusement pour lui, le monde compte toujours des personnes au grand cœur.

Il y a quelques mois, j’ai eu l’opportunité d’avoir un stage à Paris. Quand je l’ai appris, j’étais excité, je me demandais comment faire pour que le temps passe vite et qu’arrive enfin le jour du départ. Je passais la plupart de mon temps sur internet pour voir ce qu’il fallait retenir de sa première fois en avion (ce qui était mon cas). La seule chose que j’ai regardé à propos de Paris, c’est à quoi ressemblait l’endroit où j’allais loger durant les deux semaines de stage. En effet, l’institution qui m’a donné ce stage m’avait communiqué qu’à l’arrivée à l’aéroport de Paris, je recevrai un ticket de taxi qui devrait me conduire à mon hôtel. Je n’avais donc pas peur de me perdre.

Le départ

Le jour tant attendu arriva enfin. Dès les premières heures du jour et jusqu’à mon départ ma mère me demandait sans arrêt si j’avais tous les documents pour le voyage. Deux heures avant le départ, j’avais terminé toutes les formalités à l’aéroport et j’attendais l’avion dans le transit. Le voyage en avion me terrorisait bien plus que l’idée de me retrouver dans un pays où je ne connaissais rien ni personne, car je me tranquillisais en me disant que je ne serai pas le seul. A 15h, l’avion décolla. Deux escales étaient prévues.

Quand on arriva à Kigali, je n’étais pas surpris car l’aéroport n’est pas tellement plus grand que le nôtre, mais quand on fut à Addis-Abeba, la panique me prit soudain. La taille de l’aéroport, le nombre de personnes qui attendaient leurs vols, des gens qui parlaient toutes sortes de langues dont je ne comprenais mot étaient semblables à un brouhaha d’enfer. Rien ne ressemblait à l’ « aéroport international » de Bujumbura. Heureusement, un autre Burundais me montra le chemin pour rejoindre mon vol. Vive la solidarité burundaise.

L’arrivée

A 23h, l’avion décollait à destination de Paris. A cause des turbulences, je n’ai pas réussi à fermer l’œil durant tout le voyage, comme si rien ne pouvait arriver tant que je restais éveillé. A 6h du matin, on atterrissait à l’aéroport Roissy Charles de Gaule. L’aéroport est si grand qu’à un moment je me demandais si réellement celui de Bujumbura pouvait porter le nom d’aéroport international

Je devais me rendre au bureau de « Campus France » pour signaler mon arrivée en France, et la première personne à qui je me suis adressé pour demander ou se trouvaient les dits bureaux, me répondit qu’elle travaillait là depuis 15 ans et qu’elle ne savait pas où c’était.  Ce n’est que quatre heures plus tard, donc à 10h qu’un policier me montra les bureaux. J’en profitais pour récupérer mes bagages que j’avais complètement oubliés à cause du stress.

Une fois au bureau de Campus France, on me donna toutes les indications pour mon séjour à Paris. Le seul hic, il n’y avait pas de ticket de taxi. J’étais dans l’obligation de prendre le métro.., que je ne connaissais que dans les films.

Le métro

Je devais marcher 20 minutes pour arriver à la station de métro. Une fois arrivé là-bas, j’ai demandé à un employé de la SNCF de me montrer comment on devait prendre le métro. Il me demanda l’adresse et me montra l’itinéraire sur une carte (bon, je ne savais même pas comment on s’oriente sur une carte). Je devais descendre à un arrêt pour prendre un autre train qui allait m’emmener à mon hôtel. A l’arrêt qui m’avait été indiqué, je descendis et je me retrouvais tout à coup dans un labyrinthe infernal. Tout le monde était pressé et quand je m’adressais à une personne, elle augmentait son allure comme si j’allais la manger. Là je compris que j’étais aho umwana arira nyina ntiyumve (là où l’enfant pleure sans que sa mère l’entende). Je venais de passer plus de trois heures à tourner en rond sans m’en rendre compte quand quelqu’un, un africain, me demanda ce que je faisais à errer ici depuis des heures. Je lui ai donc raconté ce qui m’arrivait et il me montra le train à prendre en m’expliquant l’itinéraire à suivre. Je ne savais pas comment le remercier, mais dans mon cœur je me suis dit : « Vive la solidarité africaine ». En tout, je me suis perdu pendant 10 heures d’affilée.

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Les commentaires récents (5)

  1. hayayayay, pole sana.

    mais votre recit me fait rire un peu, et m’inspire egalement. « vive la solidarité africaine » tu as raison. faites en une nouvelle, un poème ou qlq chose qui demeurre… pck ce recit va au dela d’un simple voyage, c’est bien le portrait de l’africain voyageur à la rencontre de l’occident au 21 è siecle….

  2. La nature de l’être longtemps minimisé -l’Africain/le nègre est une nature purement humaine. Voilà que les autres n’avaient de sympatie mais que l’africain avec un coeur d’homme vous a orienté. Bravo à nous Africains.

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