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Résolution HRC33 sur le Burundi: Que faut-il retenir?

Le Conseil de l’ONU pour les droits de l’Homme a voté ce vendredi 30 septembre une résolution pour la mise en place d’une commission d’enquête sur le Burundi. Le Blogueur Mwalimu Khadija Hussein, sans verser dans le débat de pour ou contre,  tente d’analyser et de décrypter les tenants et les aboutissants de ce vote.

Cette chaude journée du 30 septembre 2016 fut marquée par de vastes  campagnes de mobilisation: des lobbyistes diplomatiques sont mobilisés, les réseaux sociaux s’enflamment et des manifestants défilent dans les rues de Bujumbura . C’est le jour J. Quelque chose va passer. On le sent. Des cœurs battent plus vite que normalement. Le suspense est à son paroxysme.

En début d’après-midi, l’info tombe. Paf ! La résolution sur le Burundi du Conseil des droits de l’Homme vient d’être votée à Genève. Sur les 47 pays membres du Conseil, 19 votent pour, 7 contre, 21 préfèrent s’abstenir. Les internautes se déchaînent. Curieusement, les opposants et les partisans du régime de Bujumbura crient tous victoire. Pour les premiers, les Nations Unies vont bientôt débarquer pour approfondir les enquêtes et établir les responsabilités  sur les crimes commis depuis le début de la crise, tandis que les seconds se moquent d’une résolution votée avec un si grand nombre d’abstentions, à laquelle deux poids lourds se sont opposés : la Russie et la Chine. Dans ce cas, la prudence est requise.

Trois scénarios possibles

Le Conseil des nations unies pour les droits de l’Homme a demandé au gouvernement du Burundi de coopérer avec cette commission d’enquête qu’il compte envoyer pendant un an. Mais il est important de se rappeler que cette résolution fait suite au rapport des experts dudit conseil, un rapport qui avait d’ailleurs été décrié par Bujumbura, le qualifiant de mensonger et politiquement motivé. Dans ce contexte, trois scénarios me semblent envisageables.

1/Le gouvernement du Burundi accepte de coopérer et cette commission d’enquête est déployée selon des modalités conjointement négociées. Ce scénario a peu de chances d’avoir lieu  vu le ton avec lequel Bujumbura a critiqué ledit rapport. Les autorités accusent les experts onusiens de soutenir ceux qui veulent un changement de régime. Ce scénario est donc d’emblée impensable.

2/Le gouvernement du Burundi refuse que cette commission d’enquête soit déployée. Par manque d’accord et de coopération de Bujumbura, le conseil des nations unies pour les droits de l’Homme peut se retrouver dans une situation de non applicabilité de cette résolution et la classer sans suite. Ceci rappellerait l’échec cuisant de la fameuse Maprobu. Ce scénario est difficilement envisageable car ce serait un échec et une humiliation pour l’Union Européenne qui s’est fortement investie pour cette résolution.

3/Le gouvernement du Burundi refuse et le conseil des nations unies pour les  droits de l’Homme veut forcer l’application de cette résolution. Dans ce cas, cette dernière devra être adoptée par le conseil de sécurité des nations unies. Une voie qui par essence aboutirait très difficilement, vu que deux membres permanents du conseil de sécurité, la Russie et la Chine, y poseraient leur veto. L’union européenne parviendrait-elle à les convaincre ? Difficile de voir les deux puissances commettre une autre erreur après celle commise en  acceptant l’intervention de l’OTAN en Libye, une erreur qu’elles regrettent toujours.

Un silence suspect des Africains

Entre-temps, une chose ne peut passer inaperçue : les abstentions africaines. Sur les 12 pays africains membres du conseil des nations unies pour les droits de l’Homme, seulement deux se sont ouvertement prononcés: le Maroc qui a voté contre et le Ghana le seul pays africain qui a soutenu la résolution. Il faut rappeler que ces pays qui ont choisi de s’abstenir sont les mêmes qui se sont opposés à l’envoi d’une force africaine au Burundi, la Maprobu. Auraient-ils choisi de garder le silence, de peur de se causer des ennuis avec l’occident ? C’est mon pressentiment. « La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit », dit-on.

Jouer la carte de l’hypocrisie et du silence n’est pas une bonne solution pour les Africains, surtout au XXIèmesiècle.

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