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Ma cupidité l’a emporté sur la raison

L’autre titre de ce poème pourrait être : Voyage dans les pensées d’une narcissique repentie. Mais l’est-elle vraiment ? Dans l’envolée lyrique de la blogueuse-poétesse Laude Ersine Iradukunda, certains d’entre nous se reconnaîtront, les jeunes comme les vieux, les petits comme les grands. Une leçon détournée, qui devrait tous nous inspirer.
Voyant mes amis d’école toujours à la cantine, je les enviais
En admirant leurs belles chaussures, je voulais être leur sœur
Voyant leurs portemonnaies bien garnis, je salivais
Moi qui étais née dans une famille modeste,
Je voulais briller comme eux.

Et voilà que je me suis mise à voler à la maison.
Tout billet sur mon passage m’appartenait.
Avide d’argent suis-je devenue
Plus cupide que moi, tu mourrais.

Jeune et belle, je suis tombée dans la débauche sexuelle :
L’argent à tout prix.
Je ne pouvais pas supporter la vie dans l’ombre, je devais me démarquer moi aussi.
Et sans suivre la raison,
Avec un  richard marié et père de famille, je me suis mise à flirter.
Me larguant une fois enceinte de lui,
L’avortement fut mon seul remède.
Rien et surtout pas un enfant ou plutôt une charge, ne pouvait me priver de mon droit au plaisir.

Déçue par les hommes, je me suis acharnée sur mes études.
Malgré mes habitudes, je gardais une bonne moyenne en classe,
Et mes antécédents me poussant à désirer une stabilité et une indépendance financière,
Je décidais de faire la médecine.
Intelligente je le suis, et me voilà docteur.
Mais un docteur de nom et non de cœur.
La vie des patients, je m’en foutais
En eux, je ne voyais qu’un gagne-pain.
J’encaissais leur fric sans me soucier de leur santé,
Tuant les uns par omission et d’autres sur mission.
Oubliant mon serment, l’argent était ma nouvelle vocation.
Pire encore, je me suis mis à vendre mon amitié,
À faire le business des vies.
L’on me proposa de tuer un ami…
Et pour quelques sous, j’ai accepté.
Je me suis retrouvé à profiter du malheur des autres, à m’expédier en enfer.
Mois après mois, mes employés mourraient de faim
Et moi, jour après jour, je vendais mon âme au diable,
Ça va merci, tant que j’érige des villas ici et là.
En fait, tous les moyens étaient bons pour avoir de l’argent.

Aujourd’hui je n’en peux plus.
J’en ai trop fait, j’en ai la nausée.
Je veux sortir de ce circuit infernal.
Je me demande si je suis la fille de ma mère,
Elle qui me disait toujours d’aimer mon prochain comme je m’aime.

Mais la tentation est toujours là, le ventre n’est jamais rassasié,
Oui, l’homme n’est jamais satisfait
C’est pour cela frère que je t’implore de venir à mon secours.
Aidez-moi, apprenez-moi à nouveau ce qu’est l’amour,
Dis-moi ce qu’est l’esprit humain
Parce que je regrette.

Je regrette le temps de mon enfance
Toutes ces occasions que j’ai ratées d’être une bonne personne,
Toutes ces fois où j’ai prêté la sourde oreille aux prescriptions de mes proches,
Développant l’envie et la cupidité.

Ô temps passé, temps de mon éducation,
Temps de jeunesse, temps de croissance,
Je t’ai gâché et aujourd’hui,
Amèrement je le regrette.
Je regrette que la cupidité l’ait emporté sur la raison…

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