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Le parlement des enfants, une mission impossible ?

Du 12 au 15 septembre 2016, les enfants âgés de 10 à 17 ans ont élu pour la deuxième fois leurs représentants de la base au sommet lors du forum national des enfants au Burundi. Ce forum existe depuis 2013 et ses membres sont élus pour un mandat de deux ans. Le blogueur Apollinaire Nkurunziza nous explique en quoi consiste ce cadre et s’interroge sur la portée réelle de sa mission.

Le forum national des enfants au Burundi (FONEB) a été mise en place conformément au décret présidentiel n° 100/167 du 5 juin 2012 avec comme objectif « la reconnaissance administrative à titre consultatif et le droit de proposer ses aspirations au gouvernement, au parlement, au conseil communal et aux autres décideurs sur tous les sujets relatifs à la promotion et à la protection des droits de l’enfant ». L’objectif est, disons, très louable. Le terme qui retient beaucoup mon attention est « proposer ». Le droit de proposer. Oui c’est un droit, mais quel est sa portée réelle ? Les Français disent : l’homme propose et Dieu dispose. Ces parlementaires enfants vont proposer et les « vrais » vont disposer. Surtout que le décret retire au forum le pouvoir de voter : « il n’est pas une institution parallèle ou concurrente avec le parlement et son mandat est plutôt bénévole ».

Un autre vocable qui me ronge : « bénévole ». Par là, je comprends – peut-être à tort – qu’ils vont fournir des efforts pour proposer des changements ou des ajouts, gratuitement. Sans geste de reconnaissance.

Une infime lueur d’espoir ?

Un enfant à qui j’ai demandé ses impressions sur ces élections me confia avec allégresse que c’est une occasion rêvée pour les enfants de trouver un espace d’expression et de plaidoirie. Il a argumenté qu’il leur sera facile d’aborder leurs égaux pour soumettre leurs doléances, contrairement aux difficultés qu’ils éprouveraient en s’adressant aux autorités administratives.

Rappelons que Le FONEB est censé être un « cadre reconnu, légal qui permet aux enfants de s’exprimer et de contribuer à tous les niveaux à l’élaboration des politiques favorables aux enfants pour assurer leur survie, leur développement et leur apprentissage de la vie communautaire », selon les dires de Me Jacques Nshimirimana, le secrétaire général de la Fédération Nationale des Associations engagées dans la Défense des Droits des Enfants au Burundi.

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