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Écoles d’excellence : lueur d’espoir ou mascarade ?

Cinq ans après le BMD et trois ans après l’Ecole Fondamentale, une nouvelle donne dans le système éducatif burundais a récemment vu le jour : les fameuses écoles d’excellence. Le blogueur Franck Nziza s’interroge sur la pertinence d’une telle mesure, au moment où tout tourne au ralenti dans la vie du pays.

Alors que j’écoutais la ministre de l’Education, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en train d’annoncer ces six perles, la crème de la crème de l’enseignement burundais, j’ai eu un sentiment ambivalent. D’un côté un ouf de soulagement, car ces pépinières de « génies » à la burundaise pourraient être une source de rayonnement intellectuel de notre pays ; d’un autre côté, le moment est très mal choisi pour développer l’école d’excellence d’autant plus que la qualité de l’école classique reste à désirer.

A moins de disposer d’un bâton magique et d’une bonne formule, l’excellence est un processus de longue haleine. Il ne s’agit pas d’un changement qui s’opère du jour au lendemain. La raison est simple : une préparation minutieuse s’impose pour mener à bien l’ambitieux projet de s’approcher de l’excellence, l’atteindre étant l’idéal. Toute la machinerie éducative doit-être passée au peigne fin et les lacunes corrigées de la base au sommet car une seule faille, aussi minime soit-elle, suffit pour que tout s’écroule comme un château de carte.

Au mauvais endroit et au mauvais moment

Visant l’amélioration de la qualité de l’enseignement, l’école d’excellence se veut aussi novatrice en donnant à l’élève le goût de la recherche, de l’esprit critique et d’initiative, en favorisant une pratique scientifique fondée sur l’investigation et l’expérimentation. C’est en substance ce qu’on peut lire dans la présentation de la dite réforme.

Je dois avouer que l’école d’excellence est trop alléchante pour tous les inconditionnels de la culture de l’excellence dont je fais partie. Cela dit, avant de s’endormir sur ses lauriers et d’attendre tranquillement les dividendes provenant de ces « génies made in Burundi », certaines questions fondamentales méritent d’être soulevées.

Pourquoi multiplier les réformes budgétivores [l’école d’excellence est à la charge de l’Etat, ndr] alors que l’éducation subit déjà le régime d’austérité ?

La promotion de l’excellence n’est, en plus, pas notre fort à nous autres Burundais. Qui n’a pas connu un prof de maths, de chimie, etc, en conflit éternel avec un élève parce que ce dernier l’a, un jour humblement corrigé. Qu’a-t-on fait pour remédier à cette flagrante culture de la médiocrité ?

Les connaissances des profs, les infrastructures, le matériel didactique, l’environnement de travail et les valeurs morales actuelles sont-ils à la hauteur du cahier de charges assignées à l’école d’excellence ?

La liste pourrait être allongée à l’infini. Mais bon…

En conclusion, je ne doute aucunement du potentiel dont regorgent nos jeunes burundais. Mais malheureusement, ils se trouvent au mauvais endroit et au mauvais moment car le pays n’est pas au mieux de sa forme et la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a.

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