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La force du dialogue

Participant récemment à une rencontre regroupant des jeunes de diverses obédiences politiques, le blogueur Ivan-Corneille s’est trouvé confronté  aux effets d’un dialogue franc, ouvert et constructif. Il nous donne un témoignage profond sur une expérience qui a changé radicalement sa perception de l’autre.

Il y a quelques jours, j’ai participé avec d’autres jeunes, à une réunion d’échange sur divers sujets concernant notre pays. Reconnaissant certains des participants, j’ai été pris de peur : certains avaient la réputation de tenir ouvertement un langage hostile aux personnes d’une certaine opinion politique. C’était mal parti : j’étais rempli de préjugés. Je craignais aussi pour ma sécurité si jamais j’en contrariais certains : j’étais prisonnier de ma propre mentalité.

Heureusement, nous avions un très bon modérateur. Il voulait que l’on considère avant tout que personne n’a nécessairement le monopole de la raison, et qu’il est fort possible que nous voulions tous le bien de notre nation, mais en empruntant des voies différentes. « Il est donc impératif de dialoguer pour pouvoir se comprendre, et constater que « l’autre » ne constitue pas nécessairement le danger que l’on semble se représenter de lui, mais qu’il peut être un bon allié », a-t-il répété. Et la tension chuta.

« L’autre est fort, mais il ne se suffit pas »

On nous a demandé de proposer des issues à des situations données, et dire ce que l’on entreprend personnellement pour voir le Burundi prospérer. Ce n’était pas une réunion de prise de décisions et il n’y avait ni intérêts personnels à défendre, ni fauteuils à partager. Cela arrangeait tout le monde, personne ne pouvait se sentir menacé. Cela nous a permis d’échanger de manière constructive et nous avons pu ainsi sonder « l’autre », faire réellement sa connaissance et surtout apprendre à l’aimer.

Vite, je me suis rendu compte que « l’autre », celui que je concevais comme une menace, avait plus besoin de liberté que de protection et d’un peu d’espoir, tout comme moi en fait. « L’autre » est fort, mais il ne se suffit pas : je peux le compléter, il trouve ses peurs là où je trouve mes forces. À la sortie de la rencontre, je me sentais nouveau. Le cours de cet échange avec une petite dizaine d’individus avait radicalement changé ma conception de la société burundaise. Et pour cela, il a simplement fallu que la petite dizaine de personnes soit hétérogène et représentative. La variété a fait l’harmonie. J’ai pris conscience que rien ne pouvait m’emprisonner, m’empêcher de rêver et de m’épanouir plus que ma propre mentalité. Depuis, je vois tout mon entourage comme une unité, une seule unité, mais une unité qui se cherche encore, qui se forge. J’ai appris que pour guérir une maladie, il ne suffit pas de traiter les symptômes : la meilleure façon de prévenir les récidives, c’est d’exorciser les causes profondes, et de les traiter proprement à tout jamais.

Finalement, le dialogue n’est pas que réparateur : il a aussi une vertu créatrice. Il ne faut pour cela qu’un cadre propice à tout le monde, un modérateur ou un facilitateur chevronné et avisé, ainsi que des prenants-parts honnêtes et responsables qui ont un objectif commun, dénué de tout petit calcul vénal. C’est d’ailleurs tout ce qui fait la différence entre le dialogue et les négociations,  j’imagine.

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Les commentaires récents (1)

  1. Cher Ami, cher frère, j’avoue reste sans voix, après lecture de ces quelques lignes. Le DIALOGUE,dont vous parlez , dans ces lignes, manque cruellement à la classe politique Burundaise. Mais, fasse Dieu que tous reviennent à la raison, afin de préserver l’HÉRITAGE commun, LE BURUNDI.

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