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Adolescents et boîtes de nuit: « Je t’aime, moi non plus.»

De fin juillet à début septembre est une période marquée par la remise des diplômes chez les lauréats finalistes de l’école secondaire au Burundi. Une sorte de tradition en rapport avec cet événement s’est installée : « aller en boîte de nuit » pour finir la soirée en beauté. Un rituel sans risque ou à prendre avec des pincettes ? Voici l’analyse de la blogueuse Laude Ersine Complis Iradukunda.

Je tiens à m’en disculper d’avance. Je ne veux pas faire du mot « boîte de nuit » le synonyme parfait de « lieu de débauche ». Êtes-vous amoureux de la bonne musique et de la danse ? C’est sans doute l’endroit parfait pour quelques tours de déhanchés, pour déstresser et fuir la monotonie quotidienne. Mais pour cela, il faudrait être mature, et être en mesure d’assumer les risques pris.

Pour les jeunes diplômés, la soirée de remise des diplômes est vue comme  un moment magique, de rencontres et d’adieus, où on danse, on rit, etc. Quoi de mieux que la passer dans un « dancing club ? ».

Un moment qui ne profite pas à tout le monde.

Mais comme ces rencontres se font tard dans la soirée, beaucoup d’incidents peuvent arriver, et la nuit rend difficile tout secours. Autre chose : même si tous les jeunes diplômés ne sont pas du genre à se saouler ou à fricoter avec n’importe qui, la boîte de nuit reste le lieu idéal pour la tentation. Avec un peu d’argent et la dose d’émotions du jour, on peut s’offrir plusieurs verres d’alcool. Et si on n’y est pas habitué, on peut perdre le contrôle, ce qui peut dégénérer en bagarres ou pire.

Il faut aussi savoir que, bien que l’endroit ait été choisi par les lauréats eux-mêmes, ils n’y sont pas seuls : d’autres clients de mœurs diverses s’y retrouvent. Ainsi, on peut se retrouver face à des prostituées, à des vendeurs de drogue ou bien même face à des voleurs. Finalement, les boîtes de nuit exigent une prudence qui manque le plus souvent aux adolescents de l’âge des lauréats, eux qui, étant en pleine croissance, se retrouvent sous mille et une influences,  au moment où ils cherchent à se forger une personnalité définitive.

Mais alors, si tout cela se fait dans le but de s’amuser ensemble, faut-il ignorer ces camarades qui ne peuvent ou n’aiment pas fréquenter ces endroits, mais qui y sont traînés de force ou par influence ? Et si les élèves organisaient eux-mêmes leur fête dans un endroit privé qui n’expose personne, et où on n’entre pas comme dans un moulin, ne serait-ce pas meilleur ? Les boîtes de nuit constituent un de ces endroits dont on nous imprègne lentement et insidieusement, sans pouvoir en mesurer les conséquences sur le long terme.

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