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Le Top de Yaga : la femme burundaise dans tous ses états

Au mois d’août, les quatre textes les plus lus sur notre plateforme parlent de la condition féminine. Loi sexiste et liberticide, célibat, traite des jeunes filles, prostitution, autant de sujets qui interrogent la place de la femme dans la société burundaise. Voici la synthèse de ce que vous avez lu et aimé sur Yaga.

Monsieur le Ministre, clarifiez votre loi

Un coup de gueule très attendu et salué par tous, ou presque. Face à un projet de loi aux contours flous, la blogueuse Dacia Munezero, révoltée, a fait grincer bien des dents, en commençant par celles de l’auteur de la proposition. Comme nous tous, elle n’a pas manqué de relever les paradoxes qui entourent ce projet de loi. Comment peut-on vouloir combattre un mal en pénalisant la victime ?

La jeune femme, complètement déchainée, s’est lâchée :

« …Et au fait, n’y a-t-il pas d’habits indécents pour les hommes ? Et les tee-shirts justes-au-corps ? Et les jeans slim ? Ne sont-ils pas indécents ? Il faudrait qu’on les (–les hommes-) viole pour que vous réagissiez ? Nous avons aussi des yeux et des pulsions qui pourraient être dangereuses pour les hommes. »

Même si certains parmi nous seraient enchantés d’être un peu malmenés intimement par les femmes, un projet de loi pareil, qui passe sans anicroche à l’Assemblée, nous pousse à réfléchir plus en profondeur à propos de nos élus.

Le calvaire d’être célibataire à 30 ans au Burundi

Certaines cultures comparent la femme au vin. Plus il vieillit, meilleur il est. Mais ceci n’est pas le cas au Burundi. Loin de là. C’est ce que nous fait savoir la blogueuse Elodie Muco. Femmes indépendantes ou chefs de famille, la pilule ne passe pas dans notre société à la limite du machisme. Un aperçu de cet état d’esprit avec  ce commentaire que le texte a suscité :

« abo ni aba lesbiennes kuko imana ivuga <….>ko umugabo adakwiye kuba wenyene….. » [ ce sont simplement des lesbiennes, parce qu’il est écrit que l’homme ne doit pas vivre seul].

Avec une mentalité pareille,  pas étonnant qu’on se ramasse des râteaux tous les jours, et que nos belles restent vierges et célibataires jusqu’à la trentaine révolue. J’ai dit vierge ?

Sina : « J’ai été en Arabie Saoudite. C’est l’enfer »

Pour certaines filles, l’enfer a un nouveau nom : l’Arabie Saoudite. Avant, elles auraient pu croire que c’est le menu quotidien « bugali-patate-douce-haricot-sans-huile», mais les Arabes en connaissent un bon rayon sur les mauvais traitements et leur ont fait changer définitivement d’avis, et de vie. Mais ce qui m’interpelle le plus dans le récit sidérant de cette jeune fille de Musigati qui s’est retrouvée en Arabie Saoudite, c’est la part de l’administration dans ce trafic. Plus j’y réfléchis, plus je me dis que pour mon bien, je dois croire que c’est un témoignage fabriqué de toutes pièces. Sûrement.

Au Burundi, la prostitution rime avec pauvreté

Plus haut, je parlais de trentenaires et de virginité, n’est-ce pas ? Oubliez tout ce que vous avez lu car ce qui suit est bien différent.

S’il y a un endroit aussi mal barré que la petite chambrette d’une bonne d’Arabie Saoudite, c’est la maison close des quartiers populaires de Bujumbura. Pour certaines femmes, le plus vieux métier du monde est vraiment un métier. Un travail qui nourrit la famille, à défaut d’avoir un homme qui subvient à ses besoins. Mais on ne naît pas travailleuse du sexe, on le devient. C’est ce que nous apprend Marie–Claire Ndikumana, à travers le témoignage  de Christine Inamahoro.

Comme on aime le dire chez nous, ventre affamé n’a point d’oreille et de pudeur.

Kigali – Bujumbura : le calvaire des voyageurs

« Ouvrez les frontières, ouvrez les frontièeeeeres !». Tiken Jah Fakoly n’aurait pas fait mieux.

Au mois prochain.

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