Des familles meurtries par de crises répétitives

Dans un pays où guerres et crises sont récurrentes, des familles en pâtissent et certaines sont même décimées. La blogueuse Inès Ininahazwe est révoltée par ces guerres qui emportent les enfants du pays.

Ce dont le Burundi a de quoi être fier, ce sont ses fils. Quoi de plus normal dans une société patriarcale ? Dans le Burundi ancien, une famille qui donnait naissance à un garçon était plus estimée que celle qui avait seulement des filles. Mais ce n’est pas pour autant que les filles sont  moins considérées. Dans la société, chacun joue un rôle, indispensable, que l’autre ne pourrait remplir. Hélas, avec les crises qui n’ont cessé de frapper le Burundi, les vies de nos pères, de nos maris, de nos frères et de nos fils sont fauchées. Peu de familles ont été épargnées.                                        

Un mâle comme pilier de la famille

En Kirundi, la famille c’est Urugo, avec le père à la tête, Serugo, et Inarugo, la maman. Et quand la famille n’est plus entière, quand Serugo n’est plus là, il manque un repère, vu la place qu’occupe le patriarche dans la famille. Sa femme, s’appelle alors « la veuve », et les enfants sont désormais orphelins. Mais qu’en est-il des parents qui perdent leurs enfants, leurs fils ? Aucun nom ne peut être attribué à ce malheur. Rien ne pourrait contenir la douleur d’une mère qui perd son fils, emporté par une guerre ou un conflit dans lesquels il n’était même pas impliqué.

Une famille qui n’en est plus une

Madeleine, la cinquantaine, veuve depuis la crise de 1993 qui a emporté son mari, est aujourd’hui inconsolable. Elle vit seule désormais dans sa petite maison, dans un quartier dit contestataire, car ses deux fils qui lui restaient, cette crise ne les a pas épargnés. Jacques qui était à l’Université, a été tué par balle lors d’une attaque dans son quartier. Quant à Gédéon, le cadet, qui était encore élève, il a été enlevé, et plus de nouvelles de lui depuis. Leur mère dit que la vie n’a plus de sens après tout ce qui lui est arrivé. Elle faisait tout pour ses enfants. Elle rêvait d’un avenir meilleur pour eux. Elle espérait qu’ils fonderaient un jour leur propre foyer.

A quand une vie sereine en famille?

Ce qui fait le plus mal, c’est que ces parents, ces épouses, n’ont rien pu faire pour protéger les leurs. Ils sont juste spectateurs, impuissants face à certaines situations. Nos hommes, pères, maris, frères ont été assez utilisés et abusés. Pourrait-on un jour voir dans notre pays, des enfants, des fils qui grandissent, à côté de leurs parents ? Des jeunes, bâtisseurs de la paix, de leurs pays, et non plus victimes de tous les coups ?

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