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La mode du hara-kiri, prémisse d’un printemps arabe à la burundaise ?

En une semaine, deux jeunes ont attenté à leurs vies. Samuel, jeune commerçant ambulant, s’est tranché la carotide en plein centre-ville. Un habitant la zone Kanyosha a également tenté de se suicider mais il a survécu. Pour le blogueur Spageon Ngabo, cela montre le désespoir de la jeunesse burundaise face à une situation, qui, si elle n’évolue pas, risque de conduire à la révolte, à l’instar de la jeunesse maghrébine.

Ce scénario me rappelle les débuts du printemps arabe, quand Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant tunisien de vingt-six ans, s’est immolé sur la place publique. Ce suicide avait embrasé tout une région, et a entraîné la chute de plusieurs régimes, dont celui du controversé Zine el-Abidine Ben Ali. Une jeunesse délaissée, sans avenir et n’ayant plus rien à perdre peut basculer dans la lutte pour demander l’amélioration de ses conditions de vie. Quid du Burundi ?

Personnellement, j’ai du mal à me projeter dans le futur. Je ne trouve pas de convergence entre mes aspirations et la réalité que je vis. Pourtant j’aimerais croire en un Burundi où il est permis de vivre ses rêves.

Malheureusement, ce Burundi n’existe pas. Le manque de libertés individuelles et publiques, le chômage, la misère, le coût élevé de la vie, voici le lot quotidien du citoyen lambda. Voici les raisons qui ont conduit à la résignation de la jeunesse burundaise. Les mêmes que celles de la jeunesse tunisienne, à la veille du 17 décembre 2010. Samuel, tout comme Bouazizi, avait dû suer sang et eau pour constituer son petit capital. Et tous les deux ont mis fin à leurs jours, désespérés, exaspérés par les brimades de ceux qui étaient censés les protéger.

Le revers sombre de la médaille

Bujumbura est le théâtre de calculs politiques qui visent à défier le monde afin de prouver que « tout va bien ». Mais, cette tactique vient plutôt annihiler le peu qui marchait encore. « L’opération ville propre » illustre parfaitement cette hypocrisie. La chasse a été ouverte contre les mendiants, tous les petits commerces et tous les débrouillards en quête du pain quotidien dans les rues de Bujumbura. «Et quand les policiers arrêtent un vendeur ambulant, ils dérobent tous ses biens, puis l’emmènent en détention pour quelques jours, avant de le relâcher avec l’ordre de regagner l’intérieur du pays », se plaint un des rares commerçants ambulants toujours en activité.

Un cercle vicieux

La première personne qui a décidé de prendre les armes pour entamer une guerre qui a sévi pendant près de 20 ans au Burundi, était bien un jeune. Il vivait probablement dans un total désespoir. Au lieu de se suicider pour s’éviter une vie douloureuse, il est allé au front, combattre ceux qu’il accusait de miner son avenir ; c’était son choix. Aujourd’hui le risque est de voir des jeunes désespérés prendre le chemin des armes et prêter allégeance à une rébellion.

Personnellement, je ne pense pas que le suicide soit une solution mais les autorités devraient laisser vivre en paix ceux qui se battent pour gagner leur pain quotidien.

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Les commentaires récents (1)

  1. En effet le suicide n’est pas une solution. Elle n’arrange rien pour le reste de la famille que l’on laisse dernière soi.
    Je pense en effet quil est indispensable de penser par soi même et de se battre pour sa vie et son avenir quitte à y laisser sa vie pour l’avenir pour notre descendance.
    Merci Spageon.
    Je prie pour tous les burundais, que la situation s’arrange. Dieu nous viendra en aide si on s’aide nous même déjà.

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