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Mourir dans le désert malgré son diplôme

La blogueuse Elodie Muco décrit le commun de la jeunesse burundaise à la fin de la fac : la joie d’avoir son diplôme, se lancer à la recherche d’un travail puis la déception. Pour tenir, la blogueuse propose deux choses : savoir attendre, garder espoir.

Il est enfin là. Il est enfin arrivé! Il est là entre tes mains, tu pousses un ouf de soulagement et tu te remémores combien tu as trimé pour l’avoir. De même qu’une mère oublie les douleurs de l’enfantement à la vue de son bébé dans ses bras, tu oublies les échecs, les nuits blanches, le stress et les heures de cours interminables. Tu oublies tout à la simple vue de ce papier sur lequel est marqué« Diplôme de Licence ». Ce bout de papier, ô combien cher à ton cœur et qui déterminera sans aucun doute ton avenir. A vrai dire, tu tiens l’avenir entre tes mains en cet instant.

La suite logique

Tu as confiance en toi, tu te rassures en te disant que tu seras l’élu, celui qui ne viendra pas grossir le cercle gigantesque des chômeurs de Bujumbura, parce qu’il ne peut en être autrement, parce que cette licence doit signifier quelque chose, parce que tu n’as pas fait d’études pour rester assis à la maison, bref, parce que c’est la suite logique des choses. Fier et confiant, tu commences à chercher les offres d’emplois, vite tu réunis tous les documents nécessaires et tu cours déposer ton dossier partout, car tu veux mettre toutes les chances de ton côté.Tu passes des entretiens. Et après un nombre incalculable de dépôts et surtout de dépenses, car oui, les photocopies et les conformités des diplômes ne se font pas gratuitement, tu attends, l’espoir plein le cœur et la tête.

L’attente interminable

Tu restes scotché à ton téléphone et tu consultes tes mails espérant à chaque seconde une réponse favorable. Tu attends et tu espères qu’un de ces jours, on va te contacter pour t’annoncer que tu es sélectionné pour un poste. Tu attends et les jours commencent à se transformer en semaines, puis en mois, en années. Malgré cela, tu ne te décourages pas car, on dit que « tout vient à point à qui sait attendre ».

Oui, attendre c’est tout ce qu’on peut faire aujourd’hui au Burundi. Attendre est devenu notre credo. Attendre, attendre, attendre sans perdre espoir.

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