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Bobo loin des yeux, près des oreilles, toujours dans nos cœurs

«Ceux qui sont morts ne sont jamais partis», a dit Birago Diop. C’est ce que nous rappelle la blogueuse Dacia Munezero, dans cette  tribune émouvante en mémoire de la figure incomparable et inoubliable de la scène musicale burundaise, Jean Bosco Niganze, du groupe Peace and Love.

Plus d’un mois que Bobo nous a quittés. Pourtant, il nous accompagne toujours, plus que jamais. « Ntabundi buhinga », la dernière chanson sortie juste avant sa mort est devenue un grand hit qui passe sur toutes les chaînes !

À sa mort, j’avais craint que tout allait s’arrêter. Karaokés, chansons, tout… Mais quel fut mon plaisir quand un ami m’a envoyé deux nouveaux clips tournés juste avant le départ soudain du compère de Vianney Nzigamasabo. Certes, les chansons sont anciennes mais c’est toujours un plaisir de voir Bosco chanter.

Mais en les regardant, je n’arrive toujours pas à réaliser que je ne le reverrai plus, que je n’entendrai plus jamais sa voix de baryton au timbre clair demandant au public : « Tuendeleye ao tusiendeleye ? »[1], au milieu d’une reprise d’un monument de la musique, sans aucune fausse note. Si bien repris, que même l’auteur de la chanson sursauterait s’il entendait la nouvelle interprétation de l’artiste.

De la chorale aux spectacles

Bobo, je l’ai connu à Gitega dans les années 2000. Lui et Vianney (Vichou love pour les intimes) vivaient dans le centre Rumuri de malvoyants de Gitega. À cette époque déjà, ils étaient doués au chant et aux instruments de musique.  Lors de certaines grandes occasions, nous avions la chance de les avoir dans notre chorale. Et quand ils commençaient à jouer de la guitare et du piano,nous étions carrément aux anges. Subjugués, on s’arrêtait parfois juste pour les écouter chanter!

En dehors de l’église, le duo phénoménal, accompagné par leurs colocataires jeunes filles et garçons, se produisait également dans des spectacles au bar Club des amis de Gitega. Reggae, country, slow, tous les styles y passaient. Je me rappelle que des fois, certaines personnes n’en croyaient pas leurs oreilles,et montaient sur scène pour voir s’il n’y avait pas une radio ou un ordinateur qui distillait cette sublime musique à leur place.

Plus tard, quel fut mon bonheur de les retrouver à « I Muhira Bar ». Chaque weekend, ils s’y produisaient pour le grand plaisir de milliers de fans qui remplissaient le lieu jusque tard dans la nuit, malgré l’emplacement éloigné du bar.

Néanmoins avec la crise, ils furent  obligés de déménager pour se rapprocher de la ville. Et c’est ainsi donc que le bar « Peace and Love » de Nyakabiga a vu sa clientèle doubler, puis faire salle comble chaque week-end, grâce à la présence de Bosco et Vianney, accompagnés par leur bande aux doigts de fée.

Continuer malgré tout

Deux semaines après le décès du musicien multi-instrumentiste, une nouvelle affiche sur laquelle Vianney posait seul est sortie. Malgré la perte de son frère de chant, il a tenu, lui et son groupe,à continuer à vivre leur passion,en mémoire de Bosco. « Je n’oublierai jamais où j’ai enterré Bosco mais je vais essayer de continuer à me produire en sa mémoire », a dit  Vianney lors du lancement de leurs très beaux clips, « Wombenga » et « Ndicuza ».

L’absence physique d’une personne qu’on aime est toujours douloureuse. Mais grâce à ses nombreuses chansons, la voix de Bobo résonnera toujours dans nos vies. Loin des yeux, près des oreilles.

[1]« On arrête ou on continue ? »

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