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Kigali – Bujumbura : le calvaire des voyageurs

Depuis quelques jours, le Burundi a pris la décision d’interdire aux agences de voyage qui passent par ses frontières avec le Rwanda de travailler pour des raisons de « sécurité et d’économie », selon les autorités. Une mesure qui complique la circulation entre les deux pays. Témoignage de Bosco, blogueur qui est récemment rentré de Kigali.

D’abord je ne croyais pas que c’était vrai. J’ai dû reporter à deux jours mon départ tout en espérant que le trafic serait de nouveau normal. Je ne voulais pas rater mon examen à la faculté. Essayer de parler à l’Agence Volcano allait être une perte de temps. Elle a subi assez de pressions depuis juillet 2015. Et de me mettre à appeler chez « Yahoo Car Express ». La personne à la réception est directe : « Tu vis à Bujumbura toi ? ». Je réalise alors que toutes les agences de voyage sont bloquées. Là, je finis par déduire que pour quitter Kigali, il faut au moins trois bus différents afin d’arriver à Bujumbura. Ceux qui se pressent pour différentes obligations doivent s’armer de patience. Je prépare ma valise et décide de partir. Que de perte de temps, de fatigue ! Arrêt presque à chaque station. J’étais averti, je dois tout supporter.

A la frontière, il faut être assez musclé pour porter sa valise. Volcano, Yahoo, East African Tours ne sont plus là pour faire le job. Les portefaix en sont les plus grands gagnants. Parfois, ils exigent 500 Francs rwandais, soit environ 1500 Francs burundais pour une distance ne dépassant pas 200 mètres. Là, le calvaire des bagages ne fait que commencer. Dans la queue, devant l’officier qui vérifie les documents des passagers, il faut pouvoir soulever sa valise toute les dix secondes, à chaque pas, à chaque fois que celui de devant avance. Les plus jeunes aident volontiers les plus vieux. De la politesse à la burundaise.

Un autre imprévu, la frontière est noire de monde : les commerçants venus de Nairobi, de Kampala, parents qui accompagnent leurs enfants pour la rentrée scolaire à Kigali, des dizaines et des dizaines de voitures… Tous les ingrédients sont réunis pour vous dérouter. C’est la toute première fois que je me perds à la frontière et que je ne sais plus quoi faire. Les voitures type Station (Kagongo) arrivent jusqu’à Kayanza à 3000Fbu. Nous sommes à quatre. Nous pouvons prendre une voiture Probox pour Bujumbura sans arrêt. Le conducteur est direct : 12500 Francs chacun. On ne discute plus les prix à la frontière rwando-burundaise. C’est à prendre ou à laisser. La demande excède de loin l’offre. Certains particuliers qui possèdent une voiture en profitent aussi pour faire le taxi avec le risque de se faire tabasser par les taximen qui ne veulent  pas de concurrence.

J’arrive à Bujumbura abattu, les poches vides, frustré, pensant à ces commerçants burundais coincés à la frontière, qui n’avaient rien à faire avec Kigali, qui se rendaient à Kampala, ou Nairobi. Je n’arrête pas de me demander qui en fait les frais. Le Burundi ou le Rwanda ?

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