Universités : les fabriques à chômeurs

Comme bon nombre de jeunes burundais, le blogueur Egide Nikiza s’interroge sur son avenir après les études. Après l’insouciance des années universitaires, l’incertitude du monde professionnel l’attend, dans un contexte économique  actuel verrouillé. D’où sa remise en cause du système éducatif et de ses finalités.

Je termine le 1er cycle d’études universitaires et je me rends compte qu’un long calvaire m’attend, comme c’est le cas pour bon nombre de lauréats des universités burundaises.Mon avenir proche me taraude l’esprit. Je me demande comment je pourrais décrocher un travail. Si je ne trouve pas d’ emploi,je n’aurais d’autres choix que retourner à la campagne,dans la région où je suis né. J’ai pourtant évolué loin de ma famille et j’y ai pris goût. Du secondaire à l’université, j’étais logé tour à tour à l’internat et au campus.

Au lycée, on avait toujours quelque chose à se mettre sous la dent: de la bouillie pour le petit déjeuner, du riz, de la pâte ou bien de la patate douce, tout cela accompagné de haricots pour le déjeuner et le dîner. Cela me convenait parfaitement. Chez moi, je devais me contenter d’un plat constitué de patates douces non épluchées ou d’une pâte de maïs dépourvue d’accompagnement, sauf à quelques rares occasions.

A l’université, où je viens de passer cinq ans, j’ai végété durant la première année. Une forme de bizutage peut-être. Je ne logeais pas sur le campus et pour ce faire, je ne bénéficiais d’aucun avantage social excepté d’un pécule mensuel de 30 000 fbu. Mon intégration au campus changera par la suite beaucoup de choses. Elle me permit d’avoir droit aux avantages sociaux dont le logement et la restauration. Durant les quatre dernières années, j’eus l’essentiel pour vivre.

Un avenir incertain

Alors que je m’apprête à sortir du campus, tout porte à croire que la vie au-delà de l’université est pénible. Plus difficile que tout ce que j’ai connu jusqu’alors. Je me demande donc en quoi consiste l’enseignement, si ce n’est à fabriquer des chômeurs. Les chiffres se trompent rarement, le désœuvrement  s’est généralisé et n’épargne personne au Burundi.

Cependant, nos universités sont continuellement en marche et chaque année des centaines de jeunes diplômés rêvent d’intégrer le marché du travail. Pas de repos depuis 1964, année marquant la création de l’université du Burundi. Depuis, le nombre de jeunes demandeurs d’emploi va crescendo.

Alors, pourquoi ne pas adapter les programmes d’enseignement burundais aux réalités socio-économiques du moment ? Quelle est la contribution de l’API (Agence de Promotion des Investisseurs) dans le développement du secteur privé et par ricochet, dans la lutte contre le chômage au Burundi?

Nous devons réfléchir à une alternative économique. Ce n’est pas normal que la fin des études universitaires inquiète un lauréat. Réfléchissons, réfléchissons et réfléchissons inlassablement. Chômeurs aujourd’hui, nous pourrions être de grands employeurs demain, et repenser tout le système. Ce n’est qu’une question de temps.

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Recent Comments ( 3 )

  1. Bonne réflexion.
    Seulement, le problème est que les politiciens ne réfléchissent pas suffisamment à cette problématique pour anticiper des solutions. L’adéquation formation/emploi (avec ses multiples facettes) est pourtant bien connue des spécialistes des sciences de l’éducation et le Burundi n’en manque pas.
    Bonne chance à ceux qui cherchent du travail.

    Muganji

  2. Je me demande si tu n’es pas un de ceux qui attendent le salut a l’europe. Pourtant ce qui n’ont pas eu la chance d’etre dans ce moule…

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