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Trafic humain: Que fait le gouvernement?

Depuis quelque temps, les réseaux sociaux burundais parlent du trafic des jeunes burundaises vers les pays arabes et le gouvernement a réagi timidement. Le blogueur Yves Irakoze sindigne de ce scandale et du manque de réaction du gouvernement burundais envers ses ressortissants à l’étranger.

Encore un scandale dont on aurait bien voulu se passer. Il s’agit, en effet, du trafic de jeunes filles burundaises vers les pays du Golfe, particulièrement l’Arabie Saoudite et Oman. C’est un organisme de la société civile réputé hostile au pouvoir burundais qui a révélé l’affaire et rapidement des témoignages ont commencé à fuser. Le gouvernement qui a d’abord réagi timidement, a ensuite essayé de se dédouaner. Il a évoqué, par exemple, deux correspondances envoyées au gouvernement Omanais et qui sont restées lettre morte.

Au-delà de la polémique, cette affaire met aussi en lumière le peu d’intérêt que porte le gouvernement envers ses ressortissants à l’étranger.

Une nation irresponsable

Les précédents ne manquent pas. En avril 2012 déjà, un étudiant Burundais, Yannick Nihangaza se faisait tabasser par une bande de voyous indiens. Au fil des témoignages, on découvrait avec stupeur l’atmosphère « afrophobe » dans lequel évoluent les étudiants Burundais vivant dans ce pays prisé pour ses universités aux frais de scolarité relativement bas. Les réseaux sociaux grouillaient de messages d’indignation et de soutien à la famille de Yannick. Cinq mois plus tard toutefois, des voix se sont élevées pour critiquer le fait que le président de la République, alors en visite en Inde, n’ait pas pris soin de se rendre au chevet de ce fils du Burundi.

Quid des refoulements intempestifs des Burundais réfugiés dans les pays voisins? Avant, c’était la Tanzanie qui était le plus souvent mise en cause. Aujourd’hui, c’est le Rwanda. Et le modus operandi est toujours le même. Des ressortissants Burundais sont refoulés sans même le droit d’emporter certains de leurs biens de valeurs. Des couples mixtes sont définitivement séparés. Les reconduites à la frontière sont fréquentes. Les médias rapportent ces cas pendant quelques jours et puis plus rien.

Des exemples ailleurs dans le monde

Sous d’autres cieux, une nation entière se mobilise pour venir en aide à un concitoyen en otage, incarcéré ou en difficulté loin de sa mère patrie. Des comités de soutien se mettent rapidement en place. Les médias et les réseaux sociaux se font l’écho de l’infortune de leurs compatriotes. Imaginez ce que cela doit faire à un otage français au Sahel quand il entend ces mots au début d’une édition du journal sur RFI:  » Une pensée pour tous les otages français dans le monde. Nous ne vous oublions pas. » Ailleurs, des gouvernements prennent le leadership et n’hésitent pas à mettre en oeuvre des moyens de pression adéquats pour tirer leurs ressortissants de situations difficiles. Il y a trois ans par exemple, 21 étudiants congolais se faisaient agresser puis arrêter par la police en Inde. Un tollé diplomatique s’en est suivi entre la RDC et l’Inde débouchant sur la libération des étudiants et sur des d’excuses formelles de la police indienne.

Des milliers de Burundais vivent dans des conditions difficiles à travers le monde particulièrement dans les camps de réfugiés situés dans les pays de la sous-région. Ils subissent des traitements inhumains et xénophobes. D’autres encore vivent en situation d’irrégularité dans leur pays d’accueil. Ce sont des Burundais avant tout. Ne les oublions pas.

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Les commentaires récents (3)

  1. Il faut que quand elles partent, qu’elles disent au moins au revoir, pas aller clandestinement avec fausses identités, comme ça, quand ça foire, elles peuvent crier « au secour » en toute légitimité.

  2. Quoi qu’il en soit le gouvernement devrait faire quelque chose. toutes les frontières sont fermés et la circulation que ce soit routière, lacustre et aérienne sont toutes régulées. Que la PAFE soit sérieux!!

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