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Nos chers policiers… mes respects !

Alors que la crédibilité de la police ne fait plus l’unanimité au Burundi, le blogueur Ezéchiel Ndayizeye rend hommage aux forces de l’ordre. Dans un récit aux allures épistolaires, il s’adresse de manière apologétique à cette force qui en principe est là pour l’ordre public.

Sujet ambiguë s’il en est, la sécurité nationale et l’engagement des policiers s’invitent toujours dans les débats des Burundais, et enflamment la vie politique depuis quelques années. Pour autant, que pensent sincèrement les Burundais? Quelles relations entretiennent-ils avec cette police tant chantée pour ne pas dire « diabolisée »? Qu’est-ce qu’un engagement patriotique ? Pour celui qui suit de près l’évolution des conflits burundais, ce genre de questions s’imposent.

Bien que les manifestations d’avril 2015 aient modifié notre perception des obligations des forces de l’ordre, la « police » est un métier qui incarne l’engagement patriotique digne d’honneur et de respect. Et cela en faveur de la sécurité de la nation. Je me dis que si on n’ajoute pas un peu de véracité à ce vent impétueux fait de rumeurs, la cohabitation avec les policiers empirera de jour en jour. Il nous faut accepter la réalité pour mieux la vivre. Et s’il fallait changer quoi que ce soit, on ferait mieux d’avertir les organes habilités, peu importe les convictions politiques ou religieuses. Nous n’avons pas à présenter nos sentiments ou à jouer les héros si nous voulons acquérir une paix durable surtout dans une société où la plupart des citoyens marchent dans la cécité totale à l’égard de la loi.

Un engagement pas ordinaire

Après avoir traversé le grand boulevard de l’Uprona, situé à quelques pas du centre-ville de Bujumbura, on les voit de loin autour de l’immeuble Bata. Uniforme bleu foncé qui ne change jamais de couleur ; bottines noires, béret qui coiffe leurs cheveux crépus, les policiers sont facilement repérables.

Je voudrais qu’on arrête de penser que ces hommes sont malintentionnés, qu’ils s’en prennent à notre paix et à ce que beaucoup appellent « démocratie ». Eux, ils méritent mieux que ça. Ils sont de chez nous et nous les côtoyons tous les jours. Malgré tout, leur métier semble être celui du diable. Un métier ou peut-être un destin. Ils ont fait un choix. Un choix, certes pas ordinaire. Parce que, dans tous les cas, c’est en quelque sorte un véritable renoncement à la vie, à cette manière simple de vivre que tout le monde envie. Mourir sur un champ de bataille au nom de la patrie, peu y pensent.

Chers policiers, j’envie votre engagement. Permettez-moi de vous rendre hommage. Je ne manquerai jamais de dire que c’est tout un paradoxe patriotique qui s’incarne en la figure de votre métier de policier. Figure vouée aux moqueries de ceux qui n’ont jamais été candidat à la mort au nom de la patrie. Même si la situation, engendrée par des scénarios fondés sur des rumeurs, a permis à certains d’atteindre leurs objectifs, votre crédibilité est restée intacte. Il y a quelques mois, certains d’entre nous se permettaient de cracher sur vous. Qui n’a pas maudit votre engagement ? Oui, nous l’avons fait parce que souvent nous ignorons qui vous êtes, d’où vous venez. Nous avons même l’impression qu’une fois en uniforme, vous cessez d’être des humains pour devenir des hommes et femmes sans cœur, qui ne comprennent rien à la vie. Pourtant, certains d’entre vous sont des pères de famille, des mères qui luttent pour envoyer leurs enfants à l’école, des frères et sœurs qui se battent pour joindre les deux bouts du mois. En uniforme, vous n’avez plus l’air de l’être, chers policiers.

Pour l’amour de la patrie, vous avez fait un choix que j’honore et respecte. A votre place, j’aurais préféré aller m’asseoir dans un bureau climatisé, devenir commerçant pour gagner plus d’argent, voyager…plutôt que de me vendre à la mort par motif de conscience envers la patrie. Votre engagement vous honore, chers policiers.

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Les commentaires récents (7)

  1. Monsieur Ezéquiel, rendez-vous homage aux policiers que l’on connaît ou pas?
    Votre homage manque de nuances et pour ceux qui ont perdu les leurs, dont beaucoup de jeunes de votre âge, fauchés dans la fleur de l’âge pour un rien du tout, ceux qui sont endeuillés mais qui n’ont même pas vu les corps des leurs pour les enterrer avec dignité, tous ces orphelins qui ne savent plus comment les lendemains sont à cause de cette police; ils lisent votre homage comme une insulte à la mémoire des leurs. Je sais que tous ne sont pas coupables, il aurait fallu que vous fassiez un peu de nuance pour montrer un peu de compassion.

    1. Monsieur Jean Pierre…je respecte votre opinion…et surtout le coeur que vous avez pour tous nos chers disparus quel que soit leur âge…Pour répondre à ta question: il s’agit non seulement de la police que tu « connais », mais aussi celle que tu côtoies tous les jours…si tu vis bien sûr au pays. Mr.JP…si tous ceux qui tombent, tombent parce qu’un policier a juste eu envie ou un simple désir de tirer …pour se faire plaisir…là j’ai peut-être tort…je doute que ça ne soit pas le cas…je sais de quoi je parles!…sans leur courage, peut-être que le « peu » qui nous reste pour garder notre société tel qu’il est ne serait pas là…et si tu penses que je mets à l’oubli tous ceux qui sont partis…tu te trompes enormément…c’est aujourd’hui que je me suis rendu compte que celui qui avait dit que tant qu’il y aura de la démocratie, les hommes ivres de l’anarchie ne manqueront jamais…heureusement que la Police est là pour limiter les dégâts…c’est pourquoi je leur rends hommage malgré tout…

  2. Mieux comprendre notre police
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    Eze, qui dit que nos policiers avaient énormément de choix, mais qui ont choisi de servir la nation, je lui laisse ici l’extrait d’un article du journaliste Esdras Ndikumana de RFI paru dans le magazine de l’Hebdomadaire Iwacu en mars 2013. Il retrace les origines de notre police. D’autres peuvent y voir clair :

    La police nationale du Burundi, la PNB, est née de l’accord de paix d’Arusha. La PNB, telle qu’on la connaît aujourd’hui est une émanation de l’accord pour la paix au Burundi, signée en 2000 à Arusha. Jusqu’à la fin 2004, la fonction de police est assurée par l’armée à travers la gendarmerie, la Police municipale à Bujumbura, des polices communales. Sans oublier certaines organisations, la JRR durant «l’Ikiza de 72 (La Grande Catastrophe de 72, NDLR) » ou la milice des Gardiens de la paix durant la guerre civile. Puis les accords de cessez-le-feu entre le pouvoir de Bujumbura et les différents mouvements rebelles issus de la communauté hutu, surtout le principal, le Cndd-FDD sont venus compléter ce texte fondateur. Fin 2004, le président de transition Domitien Ndayizeye signe le décret portant création, organisation, composition de la PNB. Du jour au lendemain, on assemble plus de 20.000 hommes issus, – tenez-vous bien – de 7anciens mouvements rebelles -, ainsi que l’ancienne Police municipale, de la Gendarmerie, de la PAFE, de la Police judiciaire, …, on leur donne un uniforme bleu, car ils ont déjà une kalashnikov à la main et pleins de chargeurs, puis on les « lâche » au sein de la population pour assurer l’ordre.

    Une tare de naissance

    De nombreux observateurs considèrent, à l’époque, que le pouvoir et les ex-rebelles du Cndd-FDD n’ont pas envoyé leurs meilleurs hommes dans ce nouveau corps. Il s’agit, côté rébellions surtout, de jeunes Hutus recrutés fraîchement, et qui ont tout juste appris à marcher « au pas cadencé », dans un des nombreux sites de rassemblement, sous protection des casques bleu de l’Onu, qui préfèrent fermer les yeux. Car les meilleurs combattants sont incorporés dans l’armée. Souvenez-vous alors de nombreux élèves, domestiques, paysans qui désertent écoles, champs, travail, pour aller s’enrôler. Autre tare de naissance : tous ces nouveaux policiers, dont une bonne partie sait à peine lire et écrire, sans aucune formation.

    Contrairement à ce qui se passe alors dans la nouvelle armée du Burundi, la Force de défense nationale (FDN), où l’on va intégrer les nouveaux venus dans l’ancienne armée, les Forces armées du Burundi (FAB), bien formées, plutôt disciplinées malgré de nombreuses bavures durant la guerre civile, la PNB est donc un nouveau corps, sans moyens, sans tradition et qui doit travailler tout de suite au sein de la population, alors que la guerre contre la dernière rébellion du Palipehutu-FNL se poursuit.

  3. Uniforme bleu foncé qui ne change jamais de couleur, hihiii, quelque fois ça devient blanc: hahaah!
    Cher Ezéchiel,
    J’aurais aimé voir le policier que tu décrives au lien de voir celui que je côtoie chaque jour ;
    Je serais ravie de voir le policier animé d’un esprit patriotique que l’homme brutal qui menace de tirer sur une étudiante qui marche paisiblement vers son université parce qu’elle ignore que la route est barrée pour le passage d’une autorité quelconque ;
    J’aurais aimé côtoyer le policier qui au lieu de piller les ménages et les boutiques; empêchent les bandits de piller et assure la sécurité de la population .
    Cher Ezéchiel, J’aimerais rencontrer ce policier et lui lancer un doux sourire inspirée par la fierté de voir la police non corrompue que de la rencontrer et d’être éprise de peur à cause de la mauvaise expérience que je détiens envers lui ;
    Je serais fière de voir les enfants qui rient au lieu de les voir pleurnicher a l’aperçue d’un policier ;
    Au lieu de leur rendre hommage, il fallait leur conseiller de changer leur attitude.
    Va et rappelle–les qu’ils sont aussi pères et mères de famille ;
    Va et rappelle-les que les que les hommes qu’ils tirent dessus ont des familles à nourrir comme les leur ;
    Va et rappelle-les qu’ils devaient user leur conscience et faire ce qui est digne en tant que patriote ;
    Va et rappelle- les que les fusils qu’ils détiennent ne devraient pas servir à tuer mais à protéger ;
    Va et dis –les qu’ils ont une part à apporter dans la construction d’un Burundi meilleur.
    J’avais beaucoup à te dire, à leur dire mais « Ukuvuga menshi siko kuyamara » je m’arrête par ici
    Mais j’ose espérer que s’ils ne sont pas fiers de leur perception dans la société. Si oui, qu’ils cherchent à changer leur attitudes car on appelle un chien par son nom, dit-on.
    Courage à ceux ou celles qui ont une mauvaise connotation à cause de leur collègues, ngo « Umuryambwa aba umwe agatukisha umuryango »

  4. Voila ce qui est dit, pardon, ce qui est dur. Rendre hommage ou pas, tout a un sens. Reste a découvrir le quel. Sujet ambiguë s’il en est, la sécurité nationale et l’engagement des policiers s’invitent toujours dans les débats des Burundais, et enflamment la vie politique depuis quelques années.Si j’ai bien compris ce premier passage, la sécurité nationale et l’engagement des policiers ne font pas un mais deux ce qui est évident.Ensuite vient un autre extrait : Nous n’avons pas à présenter nos sentiments ou à jouer les héros si nous voulons acquérir une paix durable surtout dans une société où la plupart des citoyens marchent dans la cécité totale à l’égard de la loi. Ce qui veut dire, d’après moi, que malgré ce que nous vivons, si nous voulons la paix, nous devons oublier certains faits. Je valide mais cela ne me parait pas évident. Et si le silence ne signifiait rien pour la force de l’ordre?
    Pour l’amour de la patrie, vous avez fait un choix que j’honore et respecte. A votre place, j’aurais préféré aller m’asseoir dans un bureau climatisé, devenir commerçant pour gagner plus d’argent, voyager…plutôt que de me vendre à la mort par motif de conscience envers la patrie. Votre engagement vous honore, chers policiers. Voila pourquoi l’artiste Ezechiel NDAYIZEYE, mon grand frère, rend hommage aux policiers << ils ont fait un choix qu’il ne peut pas faire. Mais pourquoi? <<

  5. Souvent On dit qu’il n y a pas de règles sans exception dans ce sens je suis pour hommage à certains policiers mais en petit nombre. Si on essaie de définir le rôle d’un policier au niveau international notre police aurait la médaille de honte suite aux différentes bavures, assassinats, tortures, etc….
    Au lieu de protéger la population notre police à majorité est devenu ennemi du citoyen. Une seule police au monde qui est armée jusqu’au dent. Essaie de voyager tu verras que nulle part la police est armée avec des mitrailleuses, dans certains pays même ils ne sont pas armées cas de la Tanzanie….
    Je ne condamne en aucun cas les policiers car je sais qu’ils ont des mauvais guides et que la plus part exécutent les ordres de leurs chefs, je tiens cependant à préciser qu’ils seront responsables de leurs actes ignobles.
    Il y a ceux qui mérite hommage et d’autres qui méritent l’opprobre……
    C’est dommage qu’un citoyen peut fuir un policier qui est supposé être à sa protection
    Espérons que notre police sera réintégrée après cette crise pour que la population aura confiance en elle.

  6. Our policemen must have good reputation,not champ for killings innocents people,be real police whitout any side political,be free policemen for all tribes,and all Burundians that policemen will gain again a good reputation.

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