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Arusha II : une perte de temps ?

Le dialogue a repris ce week-end à Arusha pour tenter de trouver une issue favorable à la crise qui dure depuis plus d’un an.

Les pourparlers qui ont commencé ce week-end à Arusha ne serviront pas à grand-chose. La raison : les négociations engagées sont aujourd’hui largement favorables à Nkurunziza.

L’opposition veut que Nkurunziza parte. Et je le souhaite aussi. Tant qu’il restera au pouvoir, le Burundi ne sortira pas du chaos. Nous avons essayé de le chasser par les manifestations et la défiance, ça n’a pas marché. Les sanctions financières de la communauté internationale ont certes limité les sources de revenu du régime, mais Nkurunziza a montré qu’il pouvait continuer à survivre, ne fût-ce qu’au ralenti. Les fonctionnaires ont vu leurs avantages gelés, le petit déjeuner des étudiants a disparu, les hommes d’affaires ont dû fermer leurs entreprises et ont vu leurs revenus sensiblement diminuer.

 Les groupes armés qui mènent la guérilla en jetant des grenades dans des bars, et en ciblant quelques hauts gradés, ont l’air de kamikazes désespérés. Leurs « actions »n’ont fait qu’intensifier la répression du régime. Il suffit de sortir dans les rues de Bujumbura pour constater ces pick-ups, pleins de militaires ou de policiers armés jusqu’aux dents qui sillonnent la ville de jour comme de nuit.

Nkurunziza profite aussi de l’opposition « molle » menée par Agathon Rwasa qui a accepté de collaborer avec le régime. Personne n’a oublié qu’avant de rejoindre le gouvernement, Agathon Rwasa était le principal challenger de Pierre Nkurunziza.

Que va-t-il se passer à Arusha ?

Pour le moment, il ne se passe pas grand-chose. L’opposition, le Cnared, a décidé de boycotter ces pourparlers parce qu’elle n’a pas été invitée. Je continue à croire qu’ils ont tort. Ses membres qui ont été invités auraient dû y aller et faire entendre leurs voix. Les organisations de la société civile réunies dans la campagne contre le troisième mandat n’ont pas été conviées. La faute à Liberat Mpfumukeko, à la fois secrétaire général de l’EAC et ambassadeur plénipotentiaire de Pierre Nkurunziza qui, selon plusieurs sources, a influé le choix des invités. Cette exclusion d’une partie importante de l’opposition fait de ces pourparlers un monologue, une continuité du fameux « dialogue interne »organisé par le régime au Burundi, sans opposition.

Je pense que, si toutes les composantes de l’opposition et même les groupes armés avaient été invités à Arusha, rien de concluant n’en serait sorti, juste parce que tous ces groupes de l’opposition, même réunis, n’ont pas la force de faire partir Nkurunziza.

Le seul « cadeau » que le pouvoir pourrait faire serait de composer un gouvernement d’union nationale. Mais un gouvernement où l’opposition n’aurait pas vraiment de force, et où le Cndd-Fdd garderait le contrôle sur les fonctions régaliennes : l’armée, la police, la justice. Si l’opposition capitulait cette dernière obtiendrait peut-être la libération de ses prisonniers et les medias rouvriraient avec une liberté limitée.

Donc, quoiqu’on fasse à Arusha, Nkurunziza restera au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat, peut-être même au delà.

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Les commentaires récents (3)

  1. salut. je suis vraiment epris de ta prise de position car peu de burudais peuvent declarer ne pas vouloir Nkurunziza. seulement je suis contre ton souhait qu’il parte.

  2. Je suis pti en droit,me je me pose la quetion pour savoir pourquoi les juristes lisent diferement la loi.le depart de nkurunziza c pa solution.une meilleur solution est que nous les intelectuels ayons le bon sens des choses.les pourparle c bo m on p se poser la quetion de savoir si si tous les participants ont le bon sens de la situation que nous vivons.
    En definitif,il faut que chacun s’occupe de son affaire sans fait du mal a autrui(c’est ca l’inteligence).

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