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Quand la CNARED se désagrège

Après deux rendez-vous électoraux espacés de cinq ans, le Burundi a connu des crises, la plus frappante étant celle déclenchée par les élections de 2015. Déçu par la naissance de coalitions politiques inefficaces, le blogueur Mwalimu Khadija Hussein déchante.

L’espoir commence à s’éteindre chez les fans du CNARED. Sont-ils nombreux ? Je l’ignore. Je sais néanmoins qu’ils ont longtemps attendu ce « sauveur » né à Addis-Abeba qui, avant de grandir et de porter ses fruits, a fané avant la floraison.

Quand ils se sont constitués, un observateur avisé aurait pu prédire que le CNARED n’avait aucune chance d’atteindre sa maturité. Car les membres de cette plateforme ont des objectifs et des idéologies opposés. Leur seul point commun est d’« être opposés à Nkurunziza » sans réellement avoir de projet commun pour la société burundaise. Aujourd’hui, des intérêts idéologiques ou sectaires, jusque-là inavoués, commencent à diviser cette coalition maladroitement conçue.

Des défections en chaîne 

Déjà, lors des pourparlers d’Entebbe et d’Arusha, les spéculations allaient de bon train. Pacifique Nininahazwe et Vital Nshimirimana avaient annoncé leur retrait du CNARED soi-disant pour reprendre des activités dans la société civile, comme s’ils s’étaient trompés en s’engageant en politique au sein de cette plate-forme.

Autres raisons de cette dislocation du CNARED : des rivalités et des « bagarres » à la tête de ce conseil. Son premier président Léonard Nyangoma s’est vu destituer et remplacer par Jean Minani. Après sa destitution, Léonard Nyangoma a passé son temps à se moquer de ces anciens alliés.

La défection d’Hussein Radjab a été un autre coup dur pour le CNARED. Avant sa démission, il accusait les membres de ce conseil de clientélisme criant. Qui sera le prochain à quitter le navire?

Des coalitions toujours vouées à l’échec

Ce qui se dessine aujourd’hui au sein de l’opposition radicale ressemble curieusement à ce qui s’est passé après les élections de 2010. En comparant l’ADC-Ikibiri et le CNARED-Giriteka, on croirait de vrais jumeaux dont l’un serait né en 2010 et l’autre en 2015, pour suivre un même cycle de vie : se proclamer fort et puissant, se désagréger rapidement et avoir un bilan médiocre.

Qui va veiller sur le CNARED quand tous les autres auront claqué la porte ? Oui, un ange gardien  qui va tenir malgré tout, comme Léonce Ngendakumana qui défend toujours le nom d’ADC-Ikibiri. Cette autre coalition des gens réalistes qualifieraient aujourd’hui d’ensemble vide.

Mais jusque quand nos politiciens continueront à se perdre dans des coalitions infécondes ? Jusque quand les Burundais continueront à se laisser distraire par des politiciens sans maturité politique qui ne font que les décevoir ?

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Les commentaires récents (2)

  1. Ni danger!Nous ne pouvons pas nous attendre à grande chose de nos politiciens burundais car leurs coalitions ont des mobiles personnelles et non l’intérêt de la nation d’où elles sont toujours éphémères.il faut qu’ils changent la mentalité!

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