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Le président de la République est-il un « Se-barundi » au Burundi ?

Le 14 mai, lors du café-blog, une dizaine de blogueurs ont débattu autour de cette question. Alain Horutanga nous révèle ici la teneur du débat

L’exercice était périlleux. Les visages étaient crispés car le sujet pouvait paraître « offensant » à certains égards. Qui oserait parler d’un président en exercice ? Il a fallu recadrer les choses avant de commencer. « Nous parlerons aujourd’hui de l’institution et non de la personne qui l’incarne aujourd’hui », lançais-je pour amorcer le débat.

Les fronts défroissés, le débat a pu alors commencer. Certains ont jugé que cette appellation ne pouvait être attribuée qu’à un monarque. Car le roi au Burundi était considéré comme un demi-dieu. « Il naissait avec « l’imbuto », la semence », avance Spageon Ngabo. Le pouvoir royal était donc un pouvoir divin. « Le roi avait des sujets et tout lui appartenait : Les terres, les vaches, les hommes et même la fécondité tandis qu’un président dans une république démocratique est un fonctionnaire du peuple », ajoute Spageon.

Oscar Niyonkuru, historien de formation raconte que « pour le commun des Burundais de l’époque, Ntare, premier roi du Burundi, était tombé du ciel ». D’après Oscar, le président de la république est limité dans ses actions par la loi. Ce qui n’était pas le cas à l’époque de la royauté. « Le président doit rendre compte de ses actions. Il s’incline devant le parlement » estime Landry Gakuba.

Et si on ne donnait pas au mot son vrai sens ?

Pour A, un blogueur, « il ne faut pas oublier de mentionner le rôle de rassembleur » du roi. Et du coup, une question fuse : « A l’époque de la royauté, il n’y avait pas de mécontents ? ».

Au fur et à mesure que le débat progresse débat, un consensus se dessine. Mais que signifie exactement le terme « Se-barundi » ? Traduire c’est parfois trahir. Et si derrière ce nom, se cachait en réalité l’idée de l’autorité et non celui « du père de la nation » ? Il ne faut pas traduire « Se-Barundi » par « père de la nation » tel qu’on le conçoit aujourd’hui.

Vers un consensus ?

Que disent les textes à ce propos ? Personnellement, je n’ai jamais lu la Constitution en Kirundi mais ceux qui l’ont fait sont unanimes. Nulle part, il n’est écrit que le président de la république est le « Se-Barundi », le père de la nation tel qu’on le conçoit. Il est tout simplement « Umukuru w’igihigu ». Mais alors pourquoi ce titre reste-t-il toujours d’actualité ? Pourquoi l’invoque-t-on souvent ? En démocratie avec le multipartisme, peut-on avoir un président rassembleur ?

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Les commentaires récents (1)

  1. la notion Se-barundi est à mon sens contraire aux principes démocratiques. Un président élu est un mandataire d’une volonté du peuple. .s’il n ‘est plus président il devient un citoyen normal. Le concept Se -Barundi implique une certaine pérennisation d’une autorité en contre sens aux règles democratiques

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