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Gogo, enfant et responsable de famille

Au moment où les villes du Burundi regorgent d’enfants sans abri, la blogueuse Bella Lucia Nininahazwe nous emmène au cœur de la ville de Bujumbura pour nous raconter le quotidien de ces enfants des rues. Témoignage.

Dans une société patriarcale comme celle du Burundi, le père de famille a une fonction non négligeable dans l’éducation des enfants et surtout sur le plan économique. Son rôle : nourrir sa famille, la loger, et assurer les soins de santé. Malheureusement, certains  enfants sont livrés à eux-mêmes. Gogo, une fillette de 12 ans, raconte son quotidien de jeune mendiante dans le centre-ville de Bujumbura. Elle vit  aujourd’hui dans la rue à cause de «  l’irresponsabilité de ses parents », dit-elle.

Mendier pour survivre

« Je dois mendier pour ma survie et pour la survie de ma famille ! Mon père nous a abandonné pour une autre femme. Je n’avais que 5 ans et rapidement, ma grande sœur et moi avons été obligées de trouver des solutions pour survivre. Nous menons une vie de mendiante depuis 2009. A cette époque, Maman n’avait pas de travail pour nous nourrir et elle nous a envoyées quémander. Je me suis habituée peu à peu et maintenant je suis à l’aise. Je gagne entre trois milles et cinq milles par jour. Je donne ensuite cet argent à ma mère ».

« Mais tu es en train de grandir et tu risques de gâcher ta vie avec tous les risques de la rue ? », lui lançais-je. Avec un sourire moqueur et un peu d’innocence, elle me répondit : « Dieu veille sur moi. On a déjà tenté de me violer deux fois sans succès ». J’ai failli m’évanouir, j’avais la chair de poule.

Une invitation à réfléchir

J’ai passé une nuit blanche à réfléchir sur le témoignage de cette enfant, qui malgré son bas âge, assure les missions d’un « chef de famille ». J’ai pensé à son père. Se sent-t-il à l’aise en fuyant sa responsabilité ? Et sa mère, a-t-elle fait le bon choix en décidant d’envoyer ses filles dans la rue ? Des fois, il faut réfléchir pour prendre de sages décisions. C’est dur et frustrant, mais il faut un peu de sagesse et de prudence pour bien choisir. Aujourd’hui le nombre d’enfants dans la rue ne cesse de croitre. Il nous appartient de trouver des solutions à ce problème pour un Burundi meilleur.

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Les commentaires récents (2)

  1. Les américains disent  »If a shoe fits, wear it » mais pour le cas de l’irresponsabilité parental, je pense que cette expression ne peut pas se prononcer aux enfants victimes de cet effet . Et ce probleme fait un défis majeur non seulement au Bdi mais presque partout dans le monde, on rencontre des enfants de rue. Certains sont dans la rue car ils sont nés d’une grossesse non désirée par les parents et la conséquences est: jetter le bébé dans une poubelle.
    J’èspere que remédier cette tragedie dont nous même sommes à la source est simple. SAVOIR ET COMPRENDRE VERITABLEMENT QUI NOUS SOMMES, CE QUE NOUS FAISONS ET POURQUOIS NOUS LE FAISONS.

  2. C’est vraiment malheureux de voir des enfants entrain de quemander dans ici et là dans les rues.L’Etat devrait se charger de ces enfants en leur cherchant de quoi faire ou si possible les envoyer au banc de l’ecole car les enfants sont le Burundi de demain.

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