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Le Rwanda et la Tanzanie se rapprochent. Et le Burundi ?

Le blogueur Jimmy Kagabo (pseudo) revient sur la récente visite du président tanzanien au Rwanda. Pour lui, la normalisation des relations entre Dar-es-Salaam et Kigali sera bénéfique pour le Burundi. Explications !

© Photo: Facebook

Les relations entre le Rwanda et la Tanzanie se sont détériorées quand le président Jakaya Kikwete, pressé de jouer un rôle clé en République Démocratique du Congo, y a engagé ses troupes pour combattre le M23 (soutenu par le Rwanda). L’ancien président tanzanien avait en outre appelé le Rwanda à négocier avec les FDLR, condition sine qua none selon Kitwete, pour que la paix revienne en RDC. Cette prise de position est une ligne rouge pour le Rwanda de Kagamé, qui considère toujours les FDLR comme un mouvement génocidaire avec lequel il ne faut négocier en aucun cas.

Depuis octobre 2015, la Tanzanie a un nouveau président, John Pombe Magufuli. Le leadership de ce dernier ressemble beaucoup à celui de Paul Kagamé, surtout dans sa détermination à lutter contre la corruption et à booster le développement économique de son pays.

Il me semble alors que le processus de rapprochement des deux pays voisins est en marche. John Pombe Magufuli a été l’invité d’honneur à l’ouverture de la commémoration du 22è anniversaire du génocide des Tutsis survenu en 1994.  Les photos partagées par le président rwandais à cette occasion reflètent une vraie chaleur et une sympathie réciproque entre les deux leaders. Les paroles de Paul Kagamé à son hôte sont encore plus révélatrices :

« Vous devez savoir, tout d’abord, que vous êtes chez votre frère. Depuis que vous avez été élu, votre présence a été rafraîchissante. Vos paroles et actions reflètent notre vision. Votre position contre la corruption est très rafraîchissante. Nous nous sommes engagés à travailler avec tous les partenaires qui estiment que nous devons élever notre niveau de dignité parce que c’est ce que nous méritons ».

Paroles fortes. Le président Kagamé affirme haut et fort qu’il est prêt à faire de John Pombe Magufuli un allié, non un ennemi. Vous me direz que tout ça ne veut pas dire grand-chose, que c’est de la « diplomatie ».  Eh bien non, parce que de telles bonnes manières diplomatiques ne sont possibles qu’entre les gens qui se respectent. Surtout quand il s’agit de Paul Kagamé, qui n’hésite pas à critiquer des pays ou des chefs d’État pour lesquels il n’a pas grand respect.

Quelles conséquences pour le Burundi ?

Le rapprochement entre le Rwanda et la Tanzanie peut avoir un impact positif sur la paix et sécurité au Burundi. D’abord, ces deux pays ne peuvent pas être indifférents à la situation préoccupante au Burundi, étant donné que la grande majorité des réfugiés burundais sont en Tanzanie et au Rwanda. Ça leur coûte cher. Le Rwanda et la Tanzanie ont donc tous intérêt à ce que le Burundi retrouve la paix, que les réfugiés burundais qui sont sur leurs sols puissent rentrer. Cela ne sera possible que s’il y a un vrai dialogue sincère entre le pouvoir de Pierre Nkurunziza et l’opposition en exil.

Si ce rapprochement entre le Rwanda et la Tanzanie devient effectif, il permettra à ces deux pays de faire une même lecture de la situation burundaise. De facto, ils pourront coordonner leurs contributions à la gestion de cette crise. Leur contribution au rétablissement de la paix au Burundi sera d’autant plus importante que la Tanzanie est supposée être proche du pouvoir de Nkurunziza alors que le Rwanda est en bon terme avec l’opposition burundaise.

Ensemble, ils feraient de bons médiateurs !

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Les commentaires récents (6)

  1. Le dialogue entre Nkurunziza et son opposition ? Le problème est que nulle rationalité ne semble effleurer la démarche politique du pouvoir burundais d’aujourd’hui. Qu’y aurait-il à négocier avec Nkurunziza au fait ? Le partage du pouvoir avec un président qui, en 10 ans de pouvoir, n’a réussi qu’à faire de son pays le plus misérable de la planète ? Y a pas que les querelles politiques dans la vie, il y a aussi le reste. Le maintien au pouvoir d’un président aussi incompétent, ne pourra que promouvoir la guerre et les conflits interminables, au moment où le Burundi aurait le plus besoin d’une équipe de gouvernement intègre, qui soit à la hauteur des terribles défis socio-économiques qui attendent son pays.

  2. Merci Monsieur Kagabo Jimmy de votre analyse.c,est vrai que le Rwanda et la Tanzanie peuvent intervenir dans le retablissement de la paix au Burundi en jouant le rôle de médiateur entre le pouvoir de Nkurunziza avec l,opposition.Mais y-a-t-il l,espoir que le pouvoir va accepter les négociations!si ça ne sera pas possible,quel remède?

    1. il faut être des gens qui analysent et font des analyses approfondies.
      est ce qu’il n ya pas de rwandais en exile. pourquoi kagame ne négocie pas avec eux. sont ils oui ou non des rwandais

  3. Plus d’un dont moi pourraient concevoir tout ca comme une simple diplomatie qui a toujours caractérisé les chefs d’etat. Cela étant, nous ne voyons aucun fruit depuis leur rencontre. Nous pouvons attendre jusque quand? je ne suis cependant ni impatient, ni desespéré mais plutot réaliste et pragmatique

  4. Dire que les réfugiés coûtent cher au deux pays, c’est peut être un joli raccourci, car il y a des intérêts facheux et cachés pour certains qui font que se priver des réfugiés serait fatal.

    Comment peut-on prétendre être médiateur dans un conflit si on est d’un seul côté? Si Dr Magufuli soutient le pouvoir de Bujumbura et que Pr Kagamé ne soutient que l’opposition, ne voyez-vous pas qu’il faut un troisième élément pour d’abord concilier les deux avant de les rouer vers une médiation?

    La notion de paix et/ou de crise au Burundi reste un élément paradoxalement controversé. Il semble que ceux qui se réclament de l’opposition radicale sont peu installés à Kigali encore moins en Tanzanie. Et ceux qui sont dans les camps de réfugiés sont loin d’être les plus bruyants sur la scène politique. Les haut parleurs et leurs bafres sont installés ailleurs. Il faut donc viser plus haut et plus précis.

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